La contrainte vaccinale «génère beaucoup de frustration»: un pharmacien suspend la vaccination après des agressions

Depuis la généralisation du pass sanitaire, les conditions de travail de certaines pharmacies ou centres de vaccination se sont dégradées. Le gérant d’une pharmacie dans les Yvelines a été contraint d’arrêter la vaccination face aux agressions. Il pointe par ailleurs une réponse policière «lacunaire».
Sputnik
Bien que plus de 18.000 pharmacies proposent la vaccination en France, celle-ci ne se passe pas toujours bien.
Le gérant d’une pharmacie à Rambouillet (Yvelines) a même décidé d’arrêter la vaccination au sein de son officine suite à une série d’agressions, rapporte Le Parisien.
«J’ai pris cette décision pour la sécurité de mon équipe, de moi-même et de mes patients, trop c’est trop», explique au quotidien Alexandre Bonnuit, responsable de la pharmacie.

Réponse policière «lacunaire»

Le 18 août, un individu connu des services de police a voulu se faire vacciner sans rendez-vous. «Vaccine-moi, sinon t’es mort!», prévient-il, s’adressant au gérant de la pharmacie. Contactée par la victime, la police laissera finalement l’individu repartir.
Pourtant, le même homme avait déjà agressé une employée de la pharmacie un mois avant ces faits, mais les policiers «ont refusé» qu’elle porte plainte, lui proposant plutôt de faire une main courante, précise le pharmacien. Une réponse policière qu’il juge «lacunaire».

Frustration après la généralisation du pass sanitaire

Le pharmacien note ainsi une montée de l’agressivité depuis le 9 août, date d’imposition du pass sanitaire pour les bars et cafés:
«Jusqu’à présent les gens venaient se faire vacciner de leur plein gré, là ils le font sous la contrainte et ça génère beaucoup de frustration».
Il observe aussi une corrélation entre la tension épidémique et l’augmentation de l’agressivité, car «à chaque fois que le gouvernement impose des restrictions sanitaires, les gens déversent leur frustration».

Une élue réagit

Aurore Bergé, députée LREM de la circonscription, contactée par Le Parisien, assure qu’elle en a référé à Gérald Darmanin qui, d’après elle, donnera des consignes aux forces de l’ordre pour que tout signalement émanant des professionnels de santé soit enregistré en dépôt de plainte et non en main courante.
Le pharmacien en question a été contacté par le ministre de la Santé.

Vandalisme vaccinal

Depuis mi-juillet, plus de 20 centres de vaccination ou de dépistage ont été vandalisés en France. Le 28 juillet, le mot «génocide» a été découvert devant un centre de vaccination du Loir-et-Cher. Dans la nuit du 16 à 17 août, un centre de vaccination près de Toulouse a été saccagé où 500 doses du vaccin de Pfizer ont été détruites.
Les agressions de pharmaciens ne sont pas des cas isolés. Fin juillet, un pharmacien a été pris à partie par des manifestants anti-pass sanitaire à Montpellier. Il occupait une tente de dépistage. Face à la violence des participants, l’homme a été contraint de démonter son installation. Une agression dénoncée par le maire de la ville, ainsi que le porte-parole du gouvernement et le ministre de la Santé.
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