«Ce n'est pas les trois visites de ministres qui vont changer la donne», déplore la tante de l’ado tué à Marseille

Alors que le ministre de l’Intérieur dit avoir «gagné une bataille» contre les dealers de Marseille, un adolescent a été tué par balles dans la cité des Marronniers, le 18 août. La tante de la victime rappelle sur BFM TV que son neveu «n'était pas un délinquant, un dealer ou un guetteur» et ne croit pas au pouvoir des autorités.
Sputnik
La tante de l'adolescent de 14 ans, tué par balles dans le quartier des Marronniers à Marseille, a témoigné au micro de BFM TV ce 20 août en dressant le portrait d'un enfant «plein de vie» et déplorant «l'anarchie » qui règne dans les quartiers.
«Rayanne n'avait aucun casier judiciaire. Il était scolarisé. Il était juste parti profiter d'une soirée d'été en allant manger un sandwich avec un ami au pied de la cité», a-t-elle raconté sur BFM TV. «Il était au mauvais endroit au mauvais moment».
«Je tenais vraiment à préciser que Rayanne, c'est pas le pseudo délinquant, dealeur, guetteur, que j'ai pu lire sur certains réseaux ou dans certains journaux. Il ne faut pas faire l'amalgame que sous prétexte qu'on vit dans les quartiers nord à Marseille, dans des cités qui craignent - c'est comme ça on n'y peut rien - qu'on est forcément tous des dealeurs, tous des guetteurs», s’indigne-t-elle.
​Selon la chaîne, cette femme vit depuis 25 ans dans la cité et «refusait d'avoir peur» face aux guerres de gangs et aux débordements des trafics de drogue, mais «depuis quelques semaines, c'est l'anarchie», selon elle.
«Je pense que ce n'est pas les trois visites de ministres qui vont changer la donne», déplore-t-elle.

​Darmanin estime avoir «gagné une bataille»

L’adolescent a été tué par balles et deux mineurs, l'un de 14 ans et l'autre de 8 ans, ont été blessés mercredi soir à la cité des Marronniers, dans le XIVe arrondissement de Marseille. Selon le parquet, les agresseurs ont fait usage d'une arme de type Kalachnikov.
Bien que le parquet ne précise pas si les mineurs étaient spécifiquement visés par les individus armés, le ministre de l'Intérieur fait le lien entre cette affaire et la «terreur qui s’installe dans des quartiers dont on sait qu’ils sont la proie des trafiquants de drogue».
Gérald Darmanin a fait de la lutte contre le trafic de stupéfiants une de ses priorités. Dimanche 15 août, il a rendu publiques les données chiffrées autour des saisies de drogues réalisées en France au cours du premier semestre.
«Si l'on considère les priorités fixées il y a un an, c'est-à-dire la reconquête de la rue pour empêcher que ces trafics minent nos quartiers et nos villages, nous avons gagné une bataille dans cette guerre difficile et très ancienne», a affirmé le ministre de l'Intérieur au Figaro.
Fin février, à l'occasion d'une visite dans les quartiers nord, il avait annoncé l'arrivée de 300 policiers sur trois ans, à Marseille, dont 100 agents en 2021.
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