«Arsenal vaccinal»: la drôle de réponse de Biden à l’OMS qui lui reproche d’entretenir l’injustice vaccinale

Compte tenu de la diminution de l’efficacité des vaccins avec le temps, aux États-Unis les adultes pourront recevoir une troisième dose de vaccin dès fin septembre. L’OMS dénonce une injustice vaccinale. Joe Biden répond que le pays deviendra un «arsenal vaccinal» pour ceux dans le besoin.
Sputnik
Le Président américain a annoncé les modalités de la campagne vaccinale de rappel aux États-Unis. Elle débutera fin septembre et concernera les Américains adultes ayant reçu leur seconde dose il y a huit mois.
«Cette injection va booster votre réponse immunitaire. Elle augmentera votre protection contre le Covid. De plus, c’est le meilleur moyen de nous protéger contre les nouveaux variants qui pourraient émerger», assurait Biden depuis la Maison-Blanche le 18 août.
Ainsi, la campagne de rappel débutera le 20 septembre. Les Américains vaccinés entièrement en janvier 2021 pourront recevoir une troisième dose dans l’un des 80.000 centres vaccinaux. Les publics éligibles seront les séniors et le personnel soignant.

Pour tous les Américains

Les propos de Joe Biden interviennent après la lettre ouverte d’experts médicaux américains, datée du 18 août, qui appellent au lancement de la campagne de rappel dès cet automne. Ses auteurs, parmi lesquels Rochelle Walensky, directrice des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), Anthony Fauci, conseiller de la Maison-Blanche, et Janet Woodcock, commissaire par intérim de la FDA, affirment qu’ils sont «prêts à offrir des doses de rappel à tous les Américains à partir de la semaine du 20 septembre et à partir de huit mois après la deuxième dose».
Pour le moment, la Food and Drug Administration (FDA) ne s’est pas prononcée sur le sujet. Mais le 12 août, elle a donné son feu vert pour une troisième injection pour les patients immunodéprimés.
Les autorités françaises vont dans le même sens, s’apprêtant elles aussi à lancer la campagne de rappel vaccinal le 15 septembre, pour le moment pour les personnes à risque.

«Nous allons devenir l’arsenal vaccinal»

Le 46e Président des États-Unis a tenté d’apporter des arguments forts face à l’OMS qui lui reproche d’initier sa campagne alors que plusieurs pays n’ont toujours pas reçu leurs premières doses.
«Je ne suis pas d’accord. Nous pouvons nous occuper de l’Amérique et aider le monde en même temps», avance Biden, dont le pays entend faire don de plus de 600 millions de doses aux pays tiers.
Il a détaillé que courant juin et juillet, le pays avait déjà procédé à 50 millions d’injections et offert 100 millions de doses à d’autres pays. Cet automne, les États-Unis distribueront 100 millions de doses de rappel et en offriront deux fois de plus aux pays dans le besoin, soit environ 200 millions.
«Nous allons devenir l’arsenal vaccinal qui vaincra cette pandémie comme nous avons été l'arsenal démocratique qui a gagné la Seconde Guerre mondiale», conclut-il.

«L’injustice vaccinale»

L’Organisation mondiale de Santé a à plusieurs reprises dénoncé la ruée des pays riches vers une troisième dose. Début août, elle a demandé une suspension des vaccins de rappel au moins jusqu'à la fin du mois de septembre.
«Dix pays à eux seuls ont administré 75% du stock de vaccins disponibles, et les pays à bas revenus ont à peine vacciné 2% de leur population», s’indignait le 18 août Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, pour qui «l’injustice vaccinale est une honte pour toute l’humanité».
Le 17 août, il avait déjà pointé que «certains pays offrent des doses de rappel, alors que beaucoup de personnes restent non-protégés».

​Efficacité des vaccins et propagation des variants

«Les données disponibles montrent clairement que la protection contre le Covid commence à diminuer au fil du temps après les doses initiales de vaccination, et en association avec la prédominance du Delta, nous commençons à voir des preuves d'une protection réduite contre les formes légères et modérées», clament les experts médicaux américains dans leur lettre.
Selon une étude britannique parue ce 19 août, les vaccins de Pfizer et d'AstraZeneca perdraient en efficacité trois mois après la deuxième dose. Les chercheurs de l'université d'Oxford avancent que ces vaccins, efficaces à 85% et 68% deux semaines après la deuxième dose, affichent respectivement une protection de 75% et 61% au bout de trois mois.
Depuis août, le Delta (ou variant indien) s’est propagé à 13 nouveaux pays, comme le montrent les derniers chiffres de l’OMS. Il est présent dans 148 pays du monde, tandis que le variant Alpha (ou britannique) est répandu dans 190 pays.
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