Après les cinémas, le pass sanitaire est un coup fatal pour les salles de sport?

Le pass sanitaire a impacté la fréquentation de nombreux lieux de loisirs et culturels, mais aussi les salles de sport qui sont contraintes de s’adapter face à la chute considérable du nombre de clients. Afin de prévenir les demandes de résiliation, certaines proposent des reports ou des compensations.
Sputnik
Même si pendant la période des vacances la diminution des clients fréquentant les salles de sport est récurrente, cette année la situation est aggravée par l’instauration du pass sanitaire, qui y est obligatoire depuis le 21 juillet. 
Il fait fuir les clients qui hésitent encore devant la vaccination.
«Comparée aux mois d’août des années précédentes, la fréquentation est en baisse de 20%», déplore sur BFM Business Julien Vidal, directeur commercial de KeepCool, qui possède 270 salles de sport à travers tout l’Hexagone.
En effet, selon une étude réalisée pour la Fédération nationale des entreprises des activités physiques de loisirs, 20% des clubs ont même constaté une diminution de 50% de leur fréquentation.
«On sait que la première quinzaine d'août ce n'est pas la plus grosse période mais là on bat des records de non-fréquentation. D’habitude on a au moins dix personnes en même temps, là il n'y en a qu’une», explique à son tour auprès de France Bleu le co-gérant d’une petite salle lilloise.
Qui plus est, à partir du 30 août prochain les salariés des établissements recevant plus de 50 personnes, dont les salles de sport, devront eux aussi présenter un pass sanitaire pour pouvoir travailler. 
Tandis que la rupture du contrat d’un salarié ne présentant pas de pass sanitaire a été censurée par le Conseil constitutionnel, chaque employeur a le droit de le suspendre, en laissant la personne sans rémunération.

En quête de solutions 

Tentant de garder leurs clients, certains gérants de salles doivent s’adapter à la nouvelle réalité, chacun à sa manière. 
«Nous avons reçu beaucoup de demandes de résiliation. Mais on a rappelé ces adhérents pour leur proposer des reports ou des compensations. Le prélèvement du mois d’août peut par exemple être réparti sur les mois suivants. D'ici là, ceux qui le souhaitent pourront être vaccinés», explique par exemple Julien Vidal.
Impactés par une fermeture de huit mois, ils doivent également trouver des solutions pour contrôler les pass à l’entrée. Par exemple, KeepCool choisit d’embaucher des intérimaires. Pour certains, ceci se conjugue à un surcoût de plusieurs milliers d’euros mensuellement. 
Après avoir réduit sa jauge à 50 personnes, le responsable d’un club de sport à Lille a décidé de renoncer à cette solution. L’instauration du pass sanitaire nécessitant la présence d’un employé à l’accueil, il est obligé de réduire les horaires d’ouverture et de recruter.
Dans d’autres établissements, la direction a opté pour une borne automatique permettant de scanner le code QR à l’entrée. 
«Il le présente une fois, et ensuite c'est dans leur fiche, et ils peuvent entrer sans le présenter à nouveau», fait savoir le co-gérant.

Un coup pour les cinémas et les restaurants

Outre les clubs de sports, des établissements d'autres secteurs doivent eux aussi faire face aux conséquences négatives de l'application du pass.
«Pour le premier jour de l'instauration du pass sanitaire, la fréquentation des salles a baissé de 70% par rapport à la veille. C'est-à-dire que le mardi 20 juillet, il y avait 700.000 personnes dans les cinémas en France, le lendemain il y en avait 260.000», indiquait début août Marc-Olivier Sebbag, le délégué de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF).
Quant aux restaurants et cafés, leurs gérants n’ont vu l'arrivée du pass que depuis le 9 août. Or, certains déplorent l'absence des habitués. Le gouvernement envisage de tenir un rendez-vous avec les professionnels de ce secteur le 30 août pour faire les évaluations de l'impact de ce dispositif.
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