Le refus de la France de reconnaître le Spoutnik V considéré comme politique par la Russie

Alors que certains centres de vaccination sont confrontés à un manque de vaccins, la France refuse de reconnaître le vaccin anti-Covid russe Spoutnik V homologué dans 67 pays. Un refus «incompréhensible et inacceptable» pour l'ambassade de Russie à Paris qui se prononce pour «la vaccination la plus étendue possible de la population mondiale».
Sputnik

Moscou dénonce le «refus politisé» de la France de reconnaître le vaccin anti-Covid russe Spoutnik V, indique le 26 juillet l'ambassade de Russie à Paris sur Facebook.

«Le refus politisé de la France de reconnaître le Spoutnik V, l'un des plus efficaces au monde, est incompréhensible et inacceptable. Ce vaccin est déjà homologué dans 67 pays du globe», écrit l’ambassade.

La représentation diplomatique qui plaide pour «la vaccination la plus étendue possible de la population mondiale» se déclare également «profondément consternée par une telle réponse de Christophe Castaner», faisant référence aux accusations de piste russe dans le mouvement «antivax» en France.

«Attention! Non pour ces vaccins»

Lors de son intervention jeudi 22 juillet sur BFM TV, Christophe Castaner avait estimé que des puissances étrangères, et notamment la Russie, pouvaient à l’aide des réseaux sociaux «alimenter ou faire grossir des mouvements de contestation» sur la vaccination en France.

Le 8 juillet, Clément Beaune avait également mis sur France 2 les membres de l’Union européenne en garde contre la «reconnaissance de certains vaccins, comme le russe ou le chinois». «Nous, on dit à nos partenaires européens: “Attention! Non pour ces vaccins”», a-t-il insisté.

Des propos qui ont été ensuite jugés «inacceptables» par la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. «Des nations entières se voient refuser des droits et possibilités égaux, contrairement à la loi, à l’éthique et à la morale», avait-elle écrit sur Telegram.

Selon elle, de tels appels «poussent le monde vers la confrontation au moment où il traverse les dures épreuves de la pandémie».

Le rythme actuel de la vaccination

En effet, pour freiner l’épidémie due au variant Delta, qui a fait remonter le 26 juillet le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés au-dessus des 7.000, dont près de 1.000 en soins critiques, le gouvernement vise le seuil des 50 millions de premières injections fin août.

À la date du 25 juillet, 39.901.727 personnes avaient reçu au moins une dose et 33.272.678 sont considérées comme complètement vaccinées, indique Covidtracker.

Selon ce même site, il faudrait injecter 653.961 doses chaque jour pour parvenir à l’objectif fixé d'ici à août. Au rythme actuel (moyenne des 15 derniers jours), l'objectif de vacciner l'ensemble de la population adulte serait atteint le 19 novembre.

Un manque de vaccins signalé

La cause de ce retard est notamment liée à une pénurie de doses à laquelle certains centres de vaccination font face depuis les annonces d'Emmanuel Macron.

La majorité des patients veulent se faire vacciner avec Pfizer ou Moderna qui sont trop compliqués à obtenir, indique France 2.

«C'est inadmissible, on est là, on arrive à avoir plein de patients qui sont éligibles et qui veulent se faire vacciner et nous n'avons pas de doses», s’est indignée une médecin généraliste citée par France 2.

Cette situation est notamment observée dans un centre de Pont-Saint-Esprit (Gard) et à Besançon (Doubs).

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