Belgique: Le gouvernement fragilisé par la grève de la faim de sans-papiers

La coalition gouvernementale belge est fragilisée par la grève de la faim entamée il y a près de deux mois par des centaines de sans-papiers réclamant leur régularisation, deux des sept partis qui la composent ayant annoncé leur intention de quitter le gouvernement si des victimes étaient à déplorer.
Sputnik

Environ 300 des quelque 400 migrants en grève de la faim depuis le 23 mai ont également entamé vendredi une grève de la soif, refusant de s'hydrater ou d'être perfusé, et bon nombre d'entre eux pourraient mourir dans les prochains jours, selon des travailleurs humanitaires de Médecins Sans Frontières (MSF), qui assure leur prise en charge.

Selon MSF, de plus en plus de ces migrants rassemblés dans deux universités et une église bruxelloises disent ne plus avoir aucun espoir et être confrontés à des pensées suicidaires.

Le Premier ministre belge Alexander de Croo a exclu toute négociation mais les Verts et les Socialistes, membres de sa coalition, ont prévenu qu'ils quitteraient le gouvernement - le faisant de fait tomber - s'il venait à y avoir des victimes, en dénonçant l'inflexibilité du gouvernement.

Si la Belgique a déjà été privée de gouvernement pendant de longues périodes à de nombreuses reprises, la chute du gouvernement d'Alexander de Croo serait malvenue alors que le pays se débat encore avec l'épidémie de COVID-19 et vient de subir des inondations sans précédent ayant provoqué des milliards d'euros de dégâts et une trentaine de morts selon un bilan encore provisoire.

"Alors que nous avons perdu - pour l'instant - 31 personnes, que des centaines de maisons ont été détruites, que des milliers de personne se retrouvent sans abri, la dernière chose dont nous ayons besoin est une crise politique", a déclaré le Premier ministre.

La majeure partie de ces sans-papiers - principalement originaires d'Afrique du Nord et d'Asie du Sud - vivent en Belgique depuis de nombreuses années, parfois plus d'une décennie mais expliquent que leur subsistance est désormais compromise dans la mesure où ils ont perdu leur emploi à la suite des fermetures décidées dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de COVID-19.

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