«Je repense aux hurlements que j’ai entendus»: un Allemand traumatisé par son impuissance face à la noyade de 3 femmes

«Chacun est heureux d'avoir survécu mais comment vivre?» Un restaurateur se confie sur le cauchemar dans lequel il est enfermé depuis qu’il a assisté, impuissant, à la noyade de trois femmes emportées par les eaux pendant les inondations en Allemagne.
Sputnik

Le bilan des intempéries dévastatrices en Allemagne a déjà atteint 133 morts, sans parler des centaines de disparus, mais ces seuls chiffres sont incapables de représenter le drame vécu dans les zones sinistrées. Un restaurateur allemand a raconté à Franceinfo le cauchemar qui ne le quitte pas depuis qu’il a assisté à la noyade de trois femmes emportées par les eaux sans pouvoir les sauver.

«Cela fait deux jours que je ne dors plus»

Franco, restaurateur de 32 ans à Euskirchen, ville de 57.000 habitants au sud de Cologne où les inondations ont fait au moins 20 morts, dit ne plus dormir depuis déjà deux jours.

«Je repense aux hurlements que j’ai entendus, aux images que j’ai vues. Il n’y a rien de pire. C’est dans la tête et ça ne veut plus sortir», relate-t-il à Franceinfo suite à la noyade de trois femmes à une dizaine de mètres à peine de son restaurant.

«C’était juste devant, on a tout entendu, mais on ne pouvait rien faire, car l’eau était à deux mètres de nous… Il y avait peu de chances de survie. Elles se sont noyées et personne n’a pu les aider», détaille-t-il.

Heureux d’avoir survécu, mais comment vivre?

Pour ne pas broyer éternellement du noir et ne pas trop penser, il tente de s’occuper.

«Chacun est heureux d’avoir survécu, mais comment vivre? C’est la grande question de comment tenir encore», s’interroge ce restaurateur qui a perdu tout son matériel mais reste davantage préoccupé par le sort des autres.

Surtout car il sait que nombreux sont ceux qui ont été piégés dans des sous-sols, dans leurs voitures et que parmi eux se trouvent peut-être des amis à lui, des connaissances.

Bilan des intempéries dans l’ouest de l’Europe

L’ouest du continent européen a fait face, entre le 14 et le 15 juillet, à des pluies diluviennes d’une violence inédite qui ont provoqué des crues envahissant des zones habitées et détruisant de nombreuses localités.

Au moins 157 personnes au total ont trouvé la mort dans les récentes crues provoquées par ces précipitations qui ont également causé des dégâts au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse.

En Belgique, les autorités ont fait état samedi de 24 morts, soit quatre de plus par rapport au dernier bilan de vendredi. Le 20 juillet a été décrété jour de deuil national.

L’Allemagne, pays le plus touché

Mais c'est l'Allemagne qui paie le plus lourd tribut, avec au moins 133 décès, selon un nouveau bilan de la police samedi.

Le nombre de disparus diminue peu à peu, mais souvent, cette baisse vient allonger la liste des victimes. Les secouristes retrouvent régulièrement des corps sans vie dans les caves, les sous-sols, et des automobilistes piégés dans leurs voitures par la brutale et rapide montée des eaux. L'Allemagne fait face à sa pire catastrophe naturelle de l’après-guerre.

Le ministère de la Défense a déclenché une alerte militaire pour cas de catastrophe et 850 soldats de la Bundeswehr sont déjà à pied d’œuvre dans les zones sinistrées.

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