Des informations secrètes sur un char britannique auraient été divulguées sur un forum de jeux vidéo

Moins d’un mois après qu’un dossier secret a été découvert à un arrêt de bus au Royaume-Uni, un utilisateur d’un jeu vidéo a mis en ligne un dossier militaire classé relatif à un char de combat britannique pour demander aux développeurs d’un jeu vidéo une modélisation plus correcte du véhicule, selon l’UK Defence Journal.
Sputnik

Un joueur a mis sur un forum web du jeu vidéo de char de combat multijoueur War Thunder des extraits d’un document classifié comportant des spécifications techniques du char de combat britannique Challenger 2, a fait savoir le 16 juillet le journal en ligne UK Defence Journal (UKDJ).

Un char italien tire dans la mauvaise direction et détruit un poulailler
Se référant à Challenger 2 Army Equipment Support Publication, une sorte de manuel d’entretien de ce blindé, l’utilisateur s'identifiant comme commandant de Challenger 2 a voulu signaler aux développeurs du jeu que le char virtuel nécessitait une modélisation plus conforme à son prototype réel, relate UKDJ. Bien que le document ait comporté le cachet «non classé» et que l’étiquette «utilisation exclusive du Royaume-Uni» était barrée, un modérateur du forum a refusé de discuter le sujet, voulant s’assurer que le dossier était bien accessible au public.

«Avant de commencer toute discussion […], une preuve de la déclassification de ces documents sera demandée ainsi que leur source. S'il est non classé, il devrait être accessible au public. La dernière fois qu'un tel document, prétendant être ouvert, a été partagé, il s’est avéré toujours classifié et il a été confirmé qu'il n'aurait jamais dû être diffusé», a raconté le modérateur, cité par UKDJ.

Dans son commentaire, il a mentionné le fait qu’il ne s’agissait pas du premier cas de publication d’informations secrètes sur le forum.

Le responsable du forum a posté plus tard que le ministère de la Défense britannique (MoD) avait par écrit confirmé que le dossier en question restait classé pour avertir l’utilisateur qui l’avait mis en ligne concernant la responsabilité juridique à propos de ce type d’infractions, passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison, conclut UK Defence Journal.

Des documents secrets à un arrêt de bus

L’apparition en ligne d’un dossier secret sur le char Challenger 2 est un nouveau cas de fuite de documents militaires classés de l’Armée britannique.

Fin juin dernier, quelques jours après un incident en mer Noire entre un destroyer de la Royal Navy, le HMS Defender, et l’Armée russe, la BBC a reçu un dossier classifié de 50 pages retrouvé… à un arrêt de bus, dans le Kent.

Le dossier contenait des informations sur plusieurs itinéraires possibles du HMS Defender en mer Noire et sur la possibilité d'une réaction agressive de Moscou au passage dans les eaux territoriales russes. Certains documents portaient également, selon la BBC, sur la politique de l'administration du Président des États-Unis Joe Biden concernant la Chine et les plans du Royaume-Uni pour l'Afghanistan après la fin de la mission de soutien de l'Otan.

Réagissant à la publication de la chaîne britannique, la porte-parole de la diplomatie russe a plaisanté au sujet de l’endroit où le dossier secret avait été trouvé pour indiquer que ces documents classés étaient une «preuve d’une nouvelle provocation [de la part de Londres, ndlr] et d’un tissu de mensonges pour la dissimuler».

Incident russo-britannique en mer Noire

Le destroyer HMS Defender a traversé la frontière russe au large de la Crimée, entre les ports de l’Ukraine et de la Géorgie, le 23 juin. En s’approchant des eaux territoriales de la Russie, le navire de la Royal Navy a été contacté par radio par les militaires russes qui ont adressé à leurs collègues de nombreuses demandes de quitter la zone. 

Au nom d’une modernisation radicale, l’armée britannique pourrait renoncer à ses chars, selon le Times

Le HMS Defender n’a pas réagi aux avertissements de la Marine russe et a pénétré dans les eaux territoriales russes. Les navires des garde-côtes ont réalisé des tirs de sommation en direction du destroyer britannique, et un chasseur Su-24M a décollé pour larguer des bombes le long de son itinéraire, ce qui a fait quitter les eaux de la Russie au bâtiment britannique.

Au niveau officiel, la Défense du Royaume-Uni a nié cette version des faits, affirmant qu’aucun coup de semonce en direction de son navire n’avait été effectué par l’Armée russe. La version officielle de Londres a été remise en cause par un journaliste britannique qui, présent à bord du HMS Defender, avait entendu des détonations et avait bien compris le sens de multiples signaux des militaires russes.

Discuter