La limitation de la vitesse rendra-t-elle Paris plus silencieuse?

Alors que la nuisance sonore agace des milliers de Parisiens, la limitation de la vitesse à 30 km/h pourrait partiellement résoudre ce problème, avance la mairie. L’édile de Chartre, où pareille mesure est entrée en vigueur le 1er janvier, confirme son effet positif sur le bruit.
Sputnik

C’est au cours du confinement que les Parisiens ont ressenti l’effet positif d’une baisse significative de la circulation: la ville devenant plus silencieuse. En mars 2020, l’association Bruitparif a constaté une diminution moyenne du bruit de 3 à 7 décibels près des grands axes, soit une réduction de 50% à 80%, allant même jusqu’à 90% la nuit.
La mairie de Paris espère désormais atteindre le même résultat grâce à la limitation de la vitesse à 30 km/h, mesure qui entrera en vigueur le 30 août dans la grande partie de la ville. C’est ce qu’a déclaré à Franceinfo David Belliard, adjoint à la maire de Paris:

«On a des risques d’accident grave beaucoup moins importants lorsqu’on est à 30 km/h plutôt qu’à 50 km/h. Et puis il y a une deuxième raison, peut-être moins connue, c’est que baisser la vitesse à 30 km/h permet aussi de baisser les nuisances sonores. Le gain est à peu près de trois décibels. Alors ça peut paraître très peu, mais en fait c’est un gain ressenti de la moitié. C’est comme si on entendait deux fois moins le bruit lié à la circulation automobile».

Pour preuve, Europe 1 cite l’exemple de la ville de Chartres où les voitures roulent à 30km/h depuis le 1er janvier.

«On sent que la ville s’apaise, qu’elle est moins agressive. On le détecte surtout au bruit des voitures, qui est associé à la notion de vitesse. C’est un changement assez radical», explique le maire Jean-Pierre Gorges.

La nuisance sonore et ses effets

En effet, cité par la radio RCF, Matthieu Sineau, chef de projets chez Bruitparif, estime que «les nuisances sont vues par les Parisiens comme l’un des plus importants soucis de la ville».

Dans son rapport sur l’impact sanitaire du bruit dans l’agglomération parisienne, Bruitparif indique que la nuisance sonore est responsable de la diminution de la vigilance, de l’efficacité au travail ou encore de l’apprentissage durant l’enfance. L’exposition au bruit provoque des troubles allant du stress au manque de sommeil, en passant par des crises cardiaques et des AVC.

Quoiqu’il en soit, il n’y a aucune garantie sur le respect de cette limitation. Ainsi, le baromètre AXA Prévention 2021 publié le 5 avril montre que 74% des automobilistes roulaient de 10 à 20 km/h au-dessus de la vitesse autorisée en 2020. De plus, 65% des conducteurs ne s’arrêtaient pas au feu orange. Enfin, 34% doublaient ou tournaient sans mettre leur clignotant, et 14% conduisaient en ayant pris des médicaments.

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