L’un des sites Web phares lié au bitcoin piraté, les hackeurs demandent une rançon en cryptomonnaie

Le site Bitcoin.org, le premier à promouvoir la célèbre cryptomonnaie, a été victime d’une cyberattaque. Une affaire qui n’aidera sans doute pas la monnaie virtuelle à remonter la pente.
Sputnik

Alors que le cours du bitcoin peine à trouver un second souffle, sous la pression des régulateurs chinois notamment, une cyberattaque est encore venue noircir la réputation de la devise virtuelle.

L’emblématique site Bitcoin.org, qui avait annoncé en 2008 la création de la cryptomonnaie, a en effet été la cible d’une importante attaque par déni de service distribuée (DDoS), a annoncé l’opérateur Cobra sur Twitter.
«Bitcoin.org est ciblée par une attaque DDoS absolument massive et par une demande de rançon pour envoyer du bitcoin», a ainsi écrit Cobra sur Twitter.

L’attaque a surchargé le site d’un trafic inutile, le rendant indisponible quelque temps. Les pirates ont demandé une rançon de 0,5 bitcoin, soit environ 14.400 euros au cours actuel, rapporte le site spécialisé Decrypt. Le site a finalement pu être remis en ligne, sans qu’on sache si la rançon a été payée.

Cette cyberattaque vient s’ajouter aux déboires judiciaires déjà essuyés par le site, fin juin. L’entrepreneur australien Craig Wright, qui se présente comme l’inventeur du bitcoin sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, avait en effet obtenu que le «livre blanc» sur la monnaie virtuelle soit retiré du site. Ce document, signé Satoshi Nakamoto, était le premier à décrire en détail le fonctionnement de la cryptomonnaie. La Haute Cour de Londres a rendu son jugement par défaut, l’opérateur Cobra ayant choisi de ne pas comparaître.

Le bitcoin en souffrance

Les déboires du site phare du bitcoin ne viendront pas rassurer les investisseurs, alors que le cours de la cryptomonnaie ne cesse de décrocher depuis plusieurs semaines. Après une chute vertigineuse le 19 mai, où elle avait perdu près de 30% de sa valeur dans la journée, la devise virtuelle ne s’est jamais vraiment remise d’aplomb, flirtant régulièrement avec la barre des 30.000 dollars.

En cause, le serrage de vis de Pékin, qui a interdit à plusieurs institutions financières et entreprises de paiement d’utiliser des cryptomonnaies. Les autorités chinoises ont également décidé de faire la chasse sur leur sol aux «fermes de minage», ces bâtiments regroupant de puissants ordinateurs et serveurs, qui permettent d’enregistrer les transactions de bitcoin dans une blockchain.

Mi-mai, la devise virtuelle avait également pâti des annonces de Tesla, qui avait déclaré ne plus accepter les paiements en bitcoin, car trop polluants. Le constructeur automobile était par la suite revenu sur sa position, faisant de nouveau frémir le cours de la cryptomonnaie.

Mais si la Chine est vent debout contre le bitcoin, d’autres États tentent au contraire de le promouvoir. À l’exemple du Salvador qui souhaite allouer un portefeuille électronique de 30 dollars en bitcoin à chaque citoyen. Début juin, le pays d’Amérique centrale avait déjà pourvu la cryptomonnaie d’un cours légal, permettant notamment aux administrés de payer leurs impôts via cette devise virtuelle.

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