Les médias français parlent de «gagnants» aux régionales alors qu’aucun ne dépasse les 25%

Le pourcentage des votes exprimés pour telle ou telle personne aux régionales peut créer l’illusion qu’elles ont été soutenues par une majorité de la population. Cependant, avec un taux d’abstention record, aucun des candidats n’a eu plus de 25% des voix.
Sputnik

Le taux d’abstention de près de 66% observé lors du second tour des élections régionales et départementales en France s’est manifesté dans le bas nombre de votes qu’ont obtenu les gagnants. Ainsi, le seuil de 25% n’a été franchi dans aucune région.

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Seules cinq régions ont franchi les 20%: la Guyane (24,93%), la Guadeloupe (24,48%), la Corse (23,17%), La Réunion (22,83%) et l’Occitanie (20,90%).

Cependant les médias préfèrent citer les pourcentages des votes exprimés. Par exemple, en parlant de la socialiste Carole Delga, Actu écrit qu’elle a été «largement réélue» présidente d’Occitanie avec 57,77%.

D’après Libération, Xavier Bertrand «prend les Hauts-de-France haut la main» avec 52% alors qu’il a en fait été choisi par 16,76% des électeurs.

20 Minutes rapporte le «triomphe» de Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes, où il ne récolte en réalité que 17,78% des inscrits soit 55,18% des voix exprimées.

En bas de la liste se trouve la Bretagne où le candidat de l’union de la gauche Loïg Chesnais-Girard a gagné avec seulement 10,5%.

Abstention massive

Lors d’un échange avec Xavier Bertrand, Emmanuel Macron a appelé à «tirer les conséquences» de l’abstention qui dit, selon lui, «beaucoup de choses». Jean Castex a affirmé lundi qu’il prenait la situation «tout à fait au sérieux».

Cité par l’AFP, le Premier ministre a d’ailleurs rappelé que ce taux avait déjà été très fort lors des municipales de 2020 et a évoqué l’épidémie de Covid-19. D’après lui, son accroissement en 2021 «est à peu près le même que celui que nous avons constaté pour les municipales de 2020 par rapport à celles de 2014».

Et ce, «alors même que les dernières élections qui s’étaient tenues avant la survenue de la crise, c’est-à-dire les européennes de 2019, qui étaient traditionnellement marquées par un fort taux d’abstention, se sont concrétisées en France par une diminution de l’abstention», passée de près de 58% à 50%.

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