Le Japon veut abandonner son projet d'achat de missiles américains pour ses avions F-15

Le Japon renoncera pour l’instant à son projet de modernisation de sa Force aérienne d'autodéfense avec des missiles fabriqués aux États-Unis car le coût s’avère trop élevé.
Sputnik

Le gouvernement du Japon envisage d'abandonner son projet de se procurer des missiles antinavires JASSM et LRASM fabriqués aux États-Unis pour ses avions de combat F-15, ont déclaré le 19 juin des responsables gouvernementaux cités par l’agence Kyodo.

La décision est due à l'augmentation du coût du projet, ont expliqué les responsables, sous couvert de l‘anonymat car aucune décision formelle n'a encore été prise.

Une somme exorbitante

Pour les mêmes raisons, le ministre de la Défense, Nobuo Kishi, a ordonné en avril de retravailler à fond le projet de modernisation des F-15. En effet, son coût, initialement prévu à 204 millions de dollars (172 millions d’euros), a presque quintuplé lors des négociations avec Washington. La mise en œuvre du programme a finalement été reportée à 2027.

L'acquisition des missiles JASSM et LRASM de Lockheed Martin, d’une portée de 900 kilomètres, devait améliorer le potentiel de défense de la Force aérienne d'autodéfense, notamment pour protéger les territoires éloignés contestés par la Chine. La modernisation n’est pas prévue dans le budget de 2021, Tokyo espérant négocier avec la partie américaine pour en réduire le coût.

La Force aérienne d'autodéfense possède environ 200 F-15, précise Kyodo.

Des relations privilégiées

Le Premier ministre japonais a été le premier dirigeant étranger à avoir effectué une visite aux États-Unis après l’investiture de Joe Biden. Ce nouveau rapprochement entre Washington et Tokyo s’explique notamment par la volonté de la Maison-Blanche de contenir la Chine et par le problème de la sécurité sur la péninsule coréenne.

Yoshihide Suga a poursuivi la tradition de ses prédécesseurs, qui avaient eux aussi été les premiers à être reçus par un nouveau Président des États-Unis. Cela avait été le cas de Taro Aso en 2009 avec Barack Obama et de Shinzo Abe en 2016 avec Donald Trump. La modernisation de la Force d’autodéfense a également été au menu de la rencontre Suga-Biden.

La création d’une coalition antichinoise est l’un des volets clés de la nouvelle administration américaine. En mars 2021, Washington a organisé le premier sommet des leaders du Dialogue de sécurité quadrilatéral (Quad), qui regroupe le Japon, les États-Unis, l'Australie et l'Inde.

Discuter