Nucléaire iranien: «Faire renaître l’accord est une tâche difficile», voire «impossible», pour Ahmadinejad

Tandis qu’un nouveau volet de négociations se tient à Vienne pour tenter de ressusciter l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, l’ex-Président Mahmoud Ahmadinejad «pense que c’est impossible», estimant que le document n’est qu’un «mécanisme unilatéral contre l’Iran».
Sputnik

Relancer le Plan d'action global commun (JCPoA) sur le programme nucléaire iranien sera très difficile, pratiquement impossible, a déclaré dans une interview à Sputnik l'ex–Président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

«Le JCPoA est un accord imparfait qui comporte de nombreux défauts […]. Faire renaître l’accord nucléaire est une tâche très difficile et je pense que c'est impossible», a-t-il souligné.

Il a expliqué que l'échec de l'accord nucléaire était dû au non-respect des normes internationales et des droits fondamentaux mentionnés dans le document.

«C'est un traité unilatéral et injuste qui manque d’équilibre entre les intérêts et les responsabilités des parties. Ce n'est pas un mécanisme clair et net de règlement des différends, mais un mécanisme unilatéral contre l'Iran», a affirmé Mahmoud Ahmadinejad.

Les négociations sur le rétablissement du document se tiennent à Vienne depuis avril. Le sixième volet de consultations a démarré le 12 juin.

Le JCPoA

Le Plan d'action global commun a été signé en 2015 par six pays – Russie, Chine, France, Allemagne, États-Unis et Royaume-Uni – avec l’Iran. Il prévoit la levée des sanctions décrétées contre le pays en échange de limitations imposées au programme nucléaire iranien. Toutefois, le document est resté en vigueur pendant moins de trois ans. En mai 2018, les États-Unis ont annoncé qu’ils le quittaient et rétablissaient des sanctions strictes contre Téhéran.

Alors que le retrait du document a été effectué par l’administration Trump, le nouveau chef de l'État, Joe Biden, a déclaré le 8 mai dernier vouloir y revenir sous certaines conditions.

Entretemps, Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a fait part, dans une récente déclaration, de son inquiétude «concernant quatre sites non déclarés en Iran».

Plusieurs entretiens ont été organisés ces dernières semaines entre l’agence et l’Iran au sujet de la présence de matières nucléaires à plusieurs endroits, mais l’AIEA constate qu’elle ne connaît pas leur localisation.

Nouveau Président

L’Iran a commencé à développer activement son programme nucléaire pendant le mandat de Mahmoud Ahmadinejad qui a été Président de 2005 à 2013. Washington a imposé des sanctions qui ont frappé le secteur financier et les exportations de ressources énergétiques et d'armements.

Ce 19 juin, l’Iran a élu son nouveau Président: Ebrahim Raïssi, selon les résultats définitifs du dépouillement du scrutin annoncés par le ministre de l'Intérieur. Il a remporté l’élection avec 61,95% des voix dès le premier tour.

Le Président sortant Hassan Rohani a félicité «le peuple pour son choix» dans un discours télévisé. Un choix qui, comme l’a précédemment déclaré Thierry Coville, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste du pays, entérinera la reprise en main de la politique iranienne par le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei dont la vision de la politique est d’obtenir un accord avec les États-Unis tout en continuant à les désigner comme ennemi.

Discuter