La Nasa veut poursuivre sa coopération «extraordinaire» avec la Russie, Moscou fixe des conditions

Après que le nouveau patron de la Nasa, Bill Nelson, a qualifié l’espace de domaine où les États-Unis et la Russie restent partenaires malgré leurs divergences politiques et a exprimé son souhait de poursuivre ce travail en commun, le directeur de Roscosmos a répondu que la levée de certaines sanctions US était une condition nécessaire.
Sputnik

Bien que les relations entre Moscou et Washington soient «très tendues», l’espace reste le domaine où les deux pays peuvent coopérer, a déclaré le nouveau directeur de la Nasa, Bill Nelson, dans une interview à Politico.

En revenant sur ses récents échanges téléphoniques avec Dmitri Rogozine, directeur de l’agence spatiale russe, il a souligné que le maintien de la coopération était l’un des sujets de leurs discussions:

«Je [lui] ai dit: “C’est unique, ce genre de relation où nous pouvons être en paix en coopérant les uns avec les autres, quelles que soient nos rivalités sur la terre ferme”».

En répondant au commentaire d’un journaliste de Politico sur la «rhétorique méchante» de la Russie concernant l’espace, Bill Nelson a rappelé que les États-Unis et la Russie étaient toujours partenaires dans ce domaine. «Je ne veux pas que cela cesse», a-t-il confié. 

Selon lui, ce souhait est mutuel: «Si vous parlez aux employés du domaine spatial russe, vous verrez qu’ils veulent que cette coopération se poursuive avec les Américains».

Depuis la guerre froide, l’espace reste le domaine où Moscou et Washington entretiennent toujours des relations, s’est-il souvenu.

«Nous coopérons depuis 1975, lorsqu’un vaisseau spatial américain s’est amarré à un vaisseau spatial russe, au milieu de la guerre froide, et que les équipages ont vécu ensemble pendant neuf jours. Depuis, nous avons une coopération extraordinaire», a-t-il pointé.

Condition pour coopérer

En réaction à cette interview, Dmitri Rogozine a réagi sur son compte Telegram:

«Nous ne sommes pas contre la coopération. Mais elle devra passer par la levée des sanctions contre les entreprises de Roscosmos».

Auparavant, il avait regretté que l’agence spatiale russe ne puisse plus mettre plusieurs satellites en orbite en raison des restrictions américaines imposées à la livraison de technique microélectronique en Russie.

Mises en place fin 2020, ces sanctions visent plusieurs compagnies étrangères, dont des entreprises de Roscosmos. Son chef a appelé le gouvernement américain à les annuler pour «une affaire en commun».

En avril, la Russie a annoncé son intention de quitter le projet de l’ISS à partir de 2025 et de lancer sa propre station orbitale. Cependant, la décision peut être révoquée en cas de levée des sanctions américaines.

Lors de la première discussion téléphonique, survenue le 4 juin, entre les directeurs des agences spatiales des deux pays, celui de la Nasa a accepté l’invitation de son collègue russe à se rendre en Russie. L’exploitation de la Station spatiale internationale a également été au menu de cette discussion.

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