«Une économie qui se meurt»: le DJ Bob Sinclar décrit le désespoir du monde de la nuit

Sur Europe 1, Bob Sinclar a décrit son malaise face à la situation dans laquelle se trouvaient les boîtes de nuit, toujours dans le flou quant à leur réouverture. De nombreuses voix s’élèvent pourtant pour demander une reprise des activités.
Sputnik

Alors que la piste d’une soirée-test avait été évoquée par le gouvernement en vue d’une éventuelle réouverture, les gérants de discothèque continuent de ronger leur frein. Un désœuvrement que dit comprendre le DJ vedette Bob Sinclar, qui a apporté son soutien au monde de la nuit, sur Europe 1.

L’interprète de Love Generation a rappelé que derrière les boîtes de nuit existait tout un corps de métiers, aujourd’hui suspendu aux décisions de l’exécutif.

«Je ne suis pas en contact avec tous les clubs et tous les patrons de clubs, mais c'est sûr que c'est une économie qui se meurt. Les gens qui travaillent dans les discothèques, ceux qui soutiennent les artistes, les assistants… ils sont plus d’un million en France!», a expliqué Bob Sinclar au micro d’Europe 1.

Le célèbre DJ a également critiqué les «incohérences» du gouvernement dans le calendrier des réouvertures. Il a ironisé sur la reprise d’activité de certains clubs échangistes, mieux lotis que les boîtes de nuit. Un paradoxe déjà évoqué par Jean Lassalle à l’Assemblée nationale, lequel avait dénoncé une «inégalité de traitement avec les discothèques», tout en glissant une petite pique à certains de ses collègues députés, voire ministres, censés fréquenter ces clubs libertins.

Bob Sinclar a enfin eu un mot pour les stations de ski, fustigeant les décisions de l’exécutif, lequel avait notamment opté fin novembre pour une ouverture des stations sans remontées mécaniques. «Ça n’a aucun sens», a affirmé Bob Sinclar.

Dans le flou

Les annonces du déconfinement fin avril avait déjà laissé les patrons de discothèque sur leur faim, aucun programme de réouverture ne leur ayant été annoncé. Si le ministre en charge des PME, Alain Griset, avait assuré sur BFM TV que les travailleurs de la nuit n’étaient pas des «oubliés» du déconfinement, le ton était par la suite monté.

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S’estimant «discriminés» au regard des allégements prévus pour les concerts et les mariages, plusieurs gérants de boîtes de nuit avaient alors saisi le Conseil constitutionnel début mai. Mais leur demande de réouverture pour le 30 juin avait finalement été refusée, l’institution estimant que le maintien des fermetures n'était «pas disproportionné».

Les exploitants avaient pourtant reçu le soutien de plusieurs maires dans leur combat, ces derniers redoutant que cela ne finisse par engendrer des désordres. Une tribune d’une quinzaine d’élus avait ainsi été publiée dans Le Parisien. Le maire de La Baule, célèbre station balnéaire, y déclarait ne pas pouvoir sécuriser ses neuf kilomètres de plage devant l’afflux de jeunes souhaitant y faire la fête.

Les boîtes de nuit devraient être fixées sur leur date de réouverture «le 15 juin au plus tard», a finalement annoncé Alain Griset sur BFM TV.

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