Baisse du niveau en math: les Français bons derniers de l’Union européenne

Le niveau des collégiens français s’est effondré en mathématiques, au point d’en faire les cancres de l’Union européenne, selon une récente étude. Un spécialiste de l’éducation a tiré la sonnette d’alarme sur France Inter.
Sputnik

Alors que les épreuves du baccalauréat et du brevet des collèges approchent à grand pas, voilà un coup de gueule dont l’Éducation nationale se serait bien passée. Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France a fustigé le médiocre niveau des collégiens français en mathématiques, sur France Inter.

Le chercheur a rappelé que nos chères têtes blondes étaient les dernières de l’UE en la matière, dénonçant un «scandale aussi important que l’assassinat de Samuel Paty ou le Covid». Il a illustré son propos en décrivant une enquête menée auprès de collégiens de 6e:

«On leur fait passer un test extrêmement simple. Vous prenez une ligne où il est marqué 0-1-2-3- 4- 5. Comme un mètre, avec des sous-graduations pour 0,5. Vous demandez aux enfants où va “un demi”. 78% des élèves de 6e ne savent pas placer un demi», a expliqué sur France Inter celui qui est aussi président du Conseil scientifique de l'Éducation nationale.

Cette baisse de niveau avait déjà été entérinée par une récente étude, menée auprès d’élèves de CM1 et de 4e par le Trends in International Mathematics and Science Study (TIMSS). L’enquête plaçait les petits Français à la dernière place de l’UE en mathématiques, à égalité avec la Roumanie, et à l’avant-dernière des pays de l’OCDE, devant le Chili.

Sans surprise, le peloton de tête était composé des quatre dragons asiatiques (Singapour, Taïwan, Hong Kong, Corée du Sud) et du Japon.

Les meilleurs pas épargnés

La France est pourtant réputée pour avoir enfanté de nombreux mathématiciens de renom. Elle est d’ailleurs la deuxième nation en nombre de médailles Fields, derrière les États-Unis. Cédric Villani, reconverti en politique, est l’un des récents lauréats les plus connus (2010).

Mais cet état de fait pourrait ne pas durer. Selon les dires de Stanislas Dehaene, l'effondrement du niveau affecte aussi les bons élèves.

«On a une baisse continue des capacités de calcul des collégiens depuis 30 ans. Il ne faudrait pas croire que l’on garde les meilleurs au même niveau qu’avant, toute la distribution a glissé vers le bas», explique le spécialiste à France Inter.

Les autorités avaient déjà tenté de s’emparer du problème en 2018, en confiant justement à Cédric Villani la rédaction d’un rapport pour améliorer l’enseignement des mathématiques. Le document préconisait notamment une meilleure formation initiale pour les professeurs des écoles, démarrant à Bac+1.

Forcés de fermer leurs portes durant le confinement, les établissements scolaires avaient pu rouvrir le mois dernier. L’année ayant été perturbée par la pandémie, certains lycéens avaient demandé à ce que les épreuves du baccalauréat soient remplacées par un contrôle continu. Celles en présentiel ont néanmoins été maintenues.

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