Le départ à la retraite à 64 ans de nouveau d’actualité?

Selon une information du Parisien, le relèvement de l’âge du départ à la retraite de 62 à 64 ans est à l’étude actuellement au gouvernement.
Sputnik

La parenthèse liée à la crise du Covid-19 semble se refermer. C’est en tout cas ce que l’on peut interpréter avec la reprise des réformes qui étaient planifiées avant l’épidémie. Plusieurs pistes sont à l’étude actuellement au gouvernement. Ce qui est acté est l’abandon du système de retraites par points mis en avant par le ministre Jean-Paul Delevoye dans son rapport en 2019, lequel avait suscité la polémique chez les partenaires sociaux. Ce texte, qui avait été voté en première lecture en 2020 juste avant la crise sanitaire, avait été suspendu temporairement avec d’autres réformes dont celle de l’assurance chômage. Il tomberait donc définitivement aux oubliettes aujourd’hui. Mais alors quelles sont les différentes pistes sur la table actuellement?

Fin des régimes spéciaux, retraite à 64 ans

Selon une information des Échos, le secrétaire d’État aux retraites Laurent Pietraszewski continue d’étudier plusieurs pistes. La première est l’accélération du rapport Touraine, à savoir la fin des régimes spéciaux, notamment ceux de la RATP et de la SNCF. Par contre, toujours selon les Échos, ceux des professions libérales tels que les médecins et les avocats en seraient désormais exclus.

L’autre piste à l’étude est l’allongement de la durée de cotisation en la faisant passer de 42 ans à 43 ans. Selon Le Parisien, cette prolongation se ferait de manière progressive en passant d’un trimestre tous les trois ans à un trimestre par génération. Ce changement concernerait les générations à partir de 1962.

Toujours selon Le Parisien, cela permettrait de faire plus rapidement des économies (3,9 milliards d’euros par an pour 43 ans de cotisation, 5 milliards d’euros par an pour 44 ans de cotisation). Il est aussi envisagé une revalorisation des petites retraites dans un rapport remis par deux députés LREM.

La dernière option est le passage de l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Il se ferait de manière progressive en décalant l’âge de départ de six mois tous les ans.

L’objectif de l’exécutif?

Selon les Échos, ces mesures permettraient de faire des économies de l’ordre de 25 milliards d’euros par an alors que dans le même temps le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) indique dans un rapport que le déficit des retraites pour l’année 2020 est estimé à 30 milliards. L’autre objectif du gouvernement est aussi de trouver les trois milliards manquants pour une autre réforme qui sera présentée cet été: celle de la dépendance.

Enfin le dernier objectif n’est nullement économique puisqu’en annulant le très impopulaire système de retraites à points, le gouvernement fait des concessions aux partenaires sociaux, ce qui permettra aux syndicats de s’asseoir plus facilement à la table des négociations pour discuter sur d’autres sujets comme par exemple la pénibilité au travail.

Quid des électeurs? En 2017, Emmanuel Macron avait promis de ne pas toucher à l’âge de départ à la retraite lors de sa campagne électorale. Les prochaines élections régionales prévues fin juin seront ainsi intéressantes à analyser dans la mesure où cette relance des réformes aura affecté le choix des Français.

Les cartes sont sur table et selon Le Parisien, l’organisation d’une grande conférence sociale pour trancher serait à l’étude à l’Élysée et se tiendrait fin juin, début juillet.

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