«L’erreur est humaine»: comment peut-on se faire injecter du sérum physiologique au lieu du vaccin Pfizer?

Après avoir reçu une première dose de vaccin Pfizer/BioNTech, certains habitants de plusieurs départements français ont été recontactés parce qu’ils ne s’étaient fait injecter que… du sérum physiologique. Des cas qui ne sont pas rares en France. En cause, l’erreur humaine, affirment les experts au Parisien.
Sputnik

Plusieurs cas d’administration de simple sérum physiologique à la place du vaccin Pfizer/BioNTech ont été enregistrés ces dernières semaines en France. D’ailleurs, depuis le début de la campagne de vaccination, ils sont au nombre de plusieurs centaines. Les experts mettent en cause l'erreur humaine.

«La seule possibilité que je vois, si on n’est pas assez attentif, c’est que l’on injecte du sérum physiologique dans un flacon vide dont on aurait déjà extrait des doses Pfizer avant», indique au Parisien le médecin Luc Duquesnel, coordinateur des centres de vaccination dans la Mayenne.

Jean-Michel Caille L’Étienne, lui non plus, ne voit «pas d’autre solution possible».

«L’erreur est humaine, mais il faudrait vraiment que la personne responsable ait la tête ailleurs», explique-t-il au quotidien.

Le problème est que les médecins se rendent compte de leur erreur à la fin de la journée, lorsqu’ils se retrouvent avec un flacon non utilisé alors qu’ils ont vacciné le nombre prévu d’habitants, explique le journal. Le deuxième problème est que, même si cette injection ne présente aucun danger, il n’est pas facile de retrouver les personnes concernées et toutes sont généralement appelées à pour vérifier lesquelles sont concernées via une prise de sang.

D’autres erreurs

Le 14 mai, après une erreur de manipulation du vaccin Pfizer, 200 personnes qui s’étaient fait vacciner dans un centre du Maine-et-Loire ont dû recevoir une seconde injection en moins d’une semaine, avait fait savoir Ouest-France.

Un autre cas a été recensé au centre d’Épernay, où quelque 140 personnes avaient reçu le 20 avril une dose de sérum physiologique, avait indiqué France Bleu.

En outre, 54 personnes ont connu la même mésaventure le 3 avril au centre de vaccination de Châtillon, qui a reconnu l’erreur, relate Le Parisien. Selon l’établissement, «le personnel a utilisé par erreur des flacons de sérum», mais l’injection «est sans danger pour l’humain, conformément à l’avis du Centre régional de pharmacovigilance d’Île-de-France».

Des erreurs d’un autre genre

Une erreur humaine particulière s'est produite le 21 avril dans un centre de vaccination du Lot: 91 habitants ont reçu une première injection sous-dosée du vaccin Pfizer/BioNtech, qui pourrait par conséquent ne pas être efficace, selon La Dépêche du Midi. Toutes ces personnes ont été rappelées pour un examen sérologique et une éventuelle réinjection de la première dose.

En Allemagne, une enquête a été ouverte fin avril contre une infirmière qui avait injecté du sérum physiologique à six patients. Elle avait pris cette décision sciemment après avoir cassé une fiole de vaccin et redoutant la colère de ses supérieurs, précise NDR. C’est lorsqu’elle a fait part de son petit stratagème à un collègue que l’affaire est ressortie au grand jour, celui-ci ayant signalé le cas à l’employeur.

Reconstitution du vaccin

La «marche à suivre» pour le vaccin Pfizer/BioNTech a été précisé par Libération. Ainsi, le sérum physiologique est utilisé pour reconstituer le vaccin Pfizer/BioNTech, alors que les vaccins d'AstraZeneca, de Moderna et de Johnson & Johnson ne nécessitent pas de reconstitution.

Pour obtenir le vaccin, les préparateurs prélèvent du sérum physiologique dans une dosette puis l’injectent dans le petit flacon de vaccin Cominarty, où il se dilue.

«Le liquide est ensuite réparti dans des seringues d’injection individuelles [qui] sont alors remises aux vaccinateurs.»

Si les patients n’ont reçu que du sérum physiologique, cela signifie que «lors de la préparation, il n’y a pas eu de dilution dans le flacon de vaccin», ajoute le journal.

Vaccination pour tous

Entretemps, la campagne de vaccination s’accélère. Elle avait déjà marqué une nouvelle étape dans l’élargissement en accordant, à partir du 24 mai, la possibilité de recevoir un vaccin pour certaines professions dites prioritaires comme, par exemple, les policiers et les gendarmes, les professeurs d’écoles, collèges et lycées ou encore les personnels de la restauration collective et les éboueurs.

À partir de lundi 31 mai, tous les adultes de plus de 18 ans pourront se faire vacciner sans aucune restriction. L’ouverture à la vaccination, initialement prévue le 15 juin, a été ainsi avancée de deux semaines.

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