Achat des S-400 par Ankara: Washington dit avoir proposé des «alternatives» à la Turquie

Les États-Unis ont présenté des «alternatives» à la Turquie afin de lever les sanctions imposées au pays pour l'acquisition de systèmes de missiles S-400 russes, a déclaré vendredi 28 mai un haut responsable américain du Département d’État. Cependant, Ankara dit n’avoir reçu aucune proposition.
Sputnik

Les États-Unis sont toujours déterminés à contraindre la Turquie à renoncer à ses systèmes de missiles antiaériens russes S-400 que le pays avait précédemment acquis. Ainsi, la secrétaire d’État adjointe américaine Wendy Sherman a abordé ce sujet dans une interview accordée à CNN dans sa version turque lors de son déplacement à Ankara.

«Nous avons proposé des alternatives à la Turquie, ils savent exactement quoi faire s'ils veulent se soustraire à ces sanctions», a-t-elle expliqué.

Il s’agit de la première visite de ce genre effectuée par un membre de l'administration de Joe Biden dans le contexte des tensions entre les deux pays encore exacerbées récemment par la reconnaissance américaine du génocide arménien.

«J'espère que nous pourrons trouver une voie à suivre», a-t-elle ajouté tout en soulignant que la Turquie était «bien consciente des mesures qu'elle doit prendre».

Cependant, contacté par le site britannique Middle East Eye, un responsable turc a déclaré que Sherman n'avait présenté aucune proposition.

«Ils veulent toujours que la Turquie déplace les systèmes S-400 hors du pays ou les restitue», a déclaré le responsable.

Les S-400 déjà testés

Mi-octobre 2020, plusieurs missiles sol-air S-400 avaient été tirés dans la zone de la mer Noire lors d’exercices turcs. Le ministère turc de la Défense nationale n'avait alors ni confirmé ni démenti l'information sur ces tests de S-400.

Le 7 mai, le président de la Direction des industries turques de la défense, Ismail Demir, a annoncé l’ouverture d’un futur dialogue avec Washington portant sur l’exclusion d’Ankara du partenariat international sur l’avion de chasse F-35. Le responsable avait alors expliqué que la décision unilatérale des États-Unis de suspendre la participation de la Turquie suite à l’achat par cette dernière de missiles russes S-400 allait «à l'encontre de l'esprit de l'alliance».

Un accord russo-turc

C’est en 2017 que les dirigeants russe et turc avaient conclu un accord pour un montant de 2,5 milliards de dollars sur la livraison de systèmes S-400 qui avait débuté en 2019. Cet achat a déclenché une véritable crise dans les relations américano-turques, Washington appelant Ankara à renoncer à ces S-400 et à opter pour des complexes américains Patriot à la place. Si cet achat suscite autant de polémiques en Occident, c’est parce que c’est la première fois qu’un pays membre de l’Otan se procure un S-400 russe. Selon les États-Unis, l’utilisation par un État de l’Alliance d’un système de défense antiaérienne russe, censé traiter différentes cibles aériennes, pourrait tout simplement compromettre le fonctionnement des F-35.

Les États-Unis avaient alors menacé de suspendre la participation de la Turquie au partenariat, chose faite en 2019, Ankara ayant refusé de faire des concessions.

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