Vols contournant la Biélorussie: Moscou dénonce un «danger pour la sécurité des passagers»

Moscou a qualifié la suspension des vols au-dessus de la Biélorussie par les transporteurs européens d’«irresponsable». Par contre, l’interdiction russe de survoler son territoire est due à des «problèmes techniques» qui seront réglés, a fait savoir le Kremlin.
Sputnik

La Russie est revenue sur la recommandation européenne d'éviter l'espace aérien biélorusse suite à l’atterrissage forcé à Minsk d’un avion où se trouvait un opposant.

«Ce que les Occidentaux ont fait en interdisant des vols à travers l'espace aérien de la Biélorussie pour des raisons politiques est une irresponsabilité totale mettant en danger la sécurité des passagers», a estimé Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe.

Dans un message Facebook posté ce vendredi, elle a également ajouté que cette décision avait créé des «problèmes colossaux pour les citoyens».

Déroutage d’un avion vers Minsk

Le 23 mai, un avion de Ryanair reliant Athènes à Vilnius a été dérouté sur Minsk suite à une alerte à la bombe qui s’est révélée fausse. L’avion a poursuivi son vol jusqu’à Vilnius le même jour, après des vérifications.

Lors d’un contrôle d’identité, les autorités biélorusses ont interpellé deux passagers, l’opposant biélorusse Roman Protassevitch, fondateur de la chaîne Nexta sur Telegram, et sa compagne russe Sofia Sapega. L’homme de 26 ans est recherché par la justice biélorusse pour organisation de «troubles massifs» lors des manifestations de 2020 contre la réélection du Président Loukachenko. Il risque jusqu’à 15 ans de prison. Sofia Sapega n’a quant à elle pas encore été inculpée mais reste en détention provisoire.

Le 24 mai l'UE a adopté des premières sanctions contre Minsk, fermant son espace aérien aux avions biélorusses et recommandant à toutes les compagnies européennes d'éviter le ciel du pays. L’appel a été largement suivi.

​Depuis, quelques vols de compagnies européennes en direction de Moscou ont été annulés, car la Russie n'a pas approuvé les changements d'itinéraire. Ainsi, deux vols Air France entre Paris et Moscou, les 26 et 28 mai, n’ont pas eu lieu, ainsi qu’un vol de la compagnie Austrian Airlines reliant Vienne et Moscou prévu ce jeudi 27 mai.

Les inquiétudes de l’UE

Vendredi 28 mai Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, a fait part de ses inquiétudes quant à cette décision.

«Nous avons eu des informations sur des obstacles empêchant des avions européens de décoller et d'atterrir à Moscou, ce qui a perturbé le trafic. Mais nous ne savons toujours pas s'il s'agit d'un cas par cas [..] ou d'une directive générale des autorités russes afin d'obliger les avions européens à survoler la Biélorussie», a-t-il déclaré à Lisbonne avant une réunion avec les ministres de la Défense de l'UE.

«Il s'agit de questions techniques»

Le même jour, le Kremlin a expliqué ces annulations par des questions techniques et assurant que les autorités aériennes «travaillaient dur» pour résoudre ces problèmes.

«Les autorités aériennes donneront les éclaircissements nécessaires, mais il s'agit de questions techniques», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, ajoutant qu'il s'agissait avant tout «d'assurer la sécurité aérienne».

«Des avions qui contournent la Biélorussie demandent à voler à différents endroits qui ne sont absolument pas coordonnés, ce qui entraîne des problèmes techniques», a expliqué M.Peskov.

Il a en outre assuré qu’il n’y avait «aucune raison d'avoir de nouveaux problèmes» avec l'Union européenne. «Nous en avons assez de notre côté», a-t-il ajouté. Le porte-parole a souligné que «ni la Russie, ni les autorités aériennes russes, ni les services russes n’ont quoi que ce soit à voir avec ce qui s’est passé en Biélorussie».

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