Critiqué pour avoir hissé le drapeau d’Israël sur sa mairie, Estrosi se justifie

Après les nombreuses critiques suscitées suite à sa décision de faire hisser le drapeau israélien sur l’hôtel de ville de Nice, Christian Estrosi s’est expliqué. L’élu évoque notamment la solidarité avec «l’État attaqué» face au Hamas, «allié de Daech*».
Sputnik

Le maire de Nice n’a pas laissé sans réponse les nombreuses critiques le visant suite à sa décision d’exhiber le drapeau israélien sur le fronton de l'hôtel de ville. Contacté par Nice-Matin, il a notamment cité l’exemple de «plusieurs pays, comme l’Autriche», qui en ont fait de même.

​«Quand un acte de terrorisme est commis envers une grande démocratie dans le monde, Nice est et sera toujours solidaire. Et en soutien nous hissons le drapeau de l’État attaqué: le drapeau des États-Unis pour le 11 septembre, le drapeau de l’Arménie le 28 novembre dernier, le drapeau de la francophonie, de la Belgique, du Royaume-Uni», rappelle-t-il.

Il blâme en outre le Hamas qui «sème la mort» et est «le vrai responsable des victimes israéliennes et palestiniennes». Il accuse le mouvement d’être un «allié de Daech*» qui «est venu semer la mort à Nice avec les attentats du 14 juillet 2016, et plus dernièrement au sein même de la basilique Notre-Dame de Nice».

M.Estrosi rappelle que le Hamas est une «organisation inscrite sur la liste terroriste de l’Union européenne». À ce propos, il convient de rappeler qu’outre l’UE, seuls les États-Unis, le Canada, l’Égypte et le Japon considèrent le Hamas comme une organisation terroriste. Ce n’est pas le cas de la Russie, du Brésil, de la Chine ou encore de la Norvège. Le Royaume-Unis estime pour sa part que seule la branche armée du Hamas est terroriste.

Une décision controversée

Bien que le geste du maire de Nice ait été reçu avec «gratitude» par l’ambassade d’Israël en France et qualifié de «marque de solidarité exemplaire», il a suscité de nombreuses critiques.

Ainsi, Patrick Allemand, opposant de gauche à Christian Estrosi de 2008 à 2020, a déclaré au site ArabNews que la ville de Nice «devrait afficher une certaine neutralité» et que la décision de faire hisser le drapeau était «une erreur», car elle pouvait «entrainer des tensions, alors qu’il est hors de question pour la France d’importer sur son territoire national ce conflit».

De son côté, David Guiraud, porte-parole de la Jeunesse au sein de La France insoumise (LFI) dénonce «un exemple typique d’un nationalisme au service du racisme» et rappelle au maire qu’en 2014, durant la Coupe du monde de football, il avait pris un arrêté contre l’affichage de drapeaux étrangers dans certains quartiers qu’il a même refusé de retirer après sa suspension par la justice.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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