Vaccin de Sanofi: «mieux vaut tard que jamais», lance un médecin

Le vaccin recombinant de Sanofi, qui devrait être disponible fin 2021 en cas de succès des essais cliniques, sera très demandé pour la phase de rappel, estime un médecin. Après avoir annoncé un retard considérable, le groupe français mise sur la fonctionnalité de son médicament.
Sputnik

À base de protéine recombinante, le vaccin développé par Sanofi en partenariat avec GSK devrait être disponible vers la fin de l’année, a annoncé le groupe pharmaceutique. Le médicament sera «intéressant pour la phase de rappel», juge le docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'hôpital Hôtel-Dieu (AP-HP) à Paris.

«Mieux vaut tard que jamais. C’est un vaccin de plus dans l’arsenal thérapeutique. Cela va probablement être intéressant pour la phase de rappel, pour les doses de rappel», a avancé le docteur Kierzek sur TF1 le 17 mai.

Un vaccin à l’ancienne

«Ce n’est ni un Moderna ni un Pfizer, les vaccins à ARN messager. Ce n’est pas non plus un ADN viral comme l’AstraZeneca. C’est une troisième famille de vaccin, une protéine recombinante […]. Ce mode de vaccination est tout à fait connu, il est maîtrisé», explique M.Kierzek.

Le même mécanisme est utilisé pour fabriquer les vaccins contre la grippe. Contrairement à l’ARN messager, il est assez bien connu.

«Une forte réponse immunitaire»

Le 17 mai, le groupe pharmaceutique français a annoncé le lancement des essais de phase 3 pour son candidat vaccin contre le coronavirus. Le laboratoire a souligné que les résultats de phase 2 avaient montré une forte réponse immunitaire chez les adultes, toutes tranches d'âge confondues.

35.000 participants sont recrutés pour ces essais. L’étude, qui débute dans les prochaines semaines, «évaluera deux formulations du vaccin, en particulier contre les variants D614 (Wuhan) et B.1.351 (variant sud-africain)», précise le groupe qui mène ses recherches en partenariat avec le britannique GSK.

«Plus facile d'utilisation»

Invité sur Europe 1 lundi 17 mai, Olivier Bogillot, président de Sanofi France, considère également qu’il pourrait être un «très bon vaccin de rappel», qui plus est «un peu plus pratique» que les autres.

«C'est un peu plus facile d'utilisation. Il n'y a pas forcément besoin de vaccinodrome pour ce type de vaccin. Vous pouvez vous faire vacciner chez votre pharmacien ou votre médecin», précise le responsable.

La production va être lancée fin mai-début juin, parallèlement aux essais de phase 3, a-t-il ajouté. Avec l’aval des régulateurs, il pourrait être disponible au dernier trimestre 2021.

Repartir de zéro

Fin 2020, Sanofi avait annoncé un retard considérable dans son programme d’élaboration d’un vaccin à cause de la réponse immunitaire insuffisante chez les personnes de plus de 50 ans. Initialement, les concepteurs du vaccin espéraient présenter une demande d’homologation au premier trimestre 2021.

«Ils ont quasiment recommencé à zéro, avec une technologie qu’ils maîtrisent, celle du vaccin contre la grippe», commente Nathalie Coutinet, économiste de la santé, enseignante-chercheuse à l’Université Sorbonne-Paris Nord sur Sud Radio ce 18 mai.

Actuellement, quatre vaccins sont autorisés en France, ceux de Pfizer-BioNTech, de Moderna, d’AstraZeneca et le Janssen de Johnson & Johnson. Au 17 mai, plus de 20 millions de Français (20.656.208) avaient reçu au moins une injection, soit 39,3% de la population majeure.

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