De nouveaux vols de reconnaissance américains auraient eu lieu au large de Taïwan

Des avions et drones américains ont effectué des vols de reconnaissance au large de Taïwan, selon le think tank chinois SCSPI. Le ton ne cesse de monter entre Pékin et Washington sur le sujet.
Sputnik

Le ballet des appareils de reconnaissance semble se poursuivre aux environs de Taïwan. Alors que les autorités taïwanaises avaient déjà menacé Pékin d’abattre tout drone chinois entrant dans leur espace aérien, début avril, c’est désormais la présence d’appareils américains qui interpelle.

Plusieurs avions et un drone des forces américaines ont en effet été repérés au sud du détroit de Taïwan, rapporte le think tank chinois SCSPI. Parmi eux, deux Boeing P-8A, avions de lutte anti-sous-marine, ainsi qu’un MQ-4C, drone de surveillance destiné à la recherche de navires.

Les appareils ont été déployés dans un triangle entre la côte sud-est de la Chine, Taïwan et les îles Pratas, précise encore le cercle de réflexion, carte thermique à l’appui.

Le secteur des îles Pratas, administré par Taipei mais revendiqué par Pékin, avait déjà vu le passage de drones chinois courant avril, selon les autorités taïwanaises.

Montée des tensions

Washington et Pékin se toisent depuis plusieurs semaines à propos de Taïwan, sur fond d’exercices militaires dans le secteur. Mi-avril, les États-Unis avaient réaffirmé leur soutien à l’île avec la visite d’une délégation non officielle, considérée par beaucoup comme un gage de Joe Biden à Taipei.

Pékin avait averti alors Washington de ne pas «jouer avec le feu» et de cesser les contacts officiels avec Taïwan, par la voix de Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Depuis la reconnaissance de la République populaire de Chine en 1979, les États-Unis sont en effet tenus aux limitations du Taiwan Relations Act, qui régit les relations non officielles entre Washington et Taipei.

La montée des tensions entre les deux puissances pourrait également avoir des conséquences pour d’autres acteurs régionaux, comme le Japon ou l’Australie. Pour la première fois depuis plus de 50 ans, le cas de Taïwan a en effet été mentionné dans une déclaration commune de Tokyo et Washington, après une visite du Premier ministre japonais Yoshihide Suga à la Maison-Blanche. Le Japon a néanmoins précisé par la suite qu’il n’interviendrait pas militairement en cas d’invasion chinoise de Taïwan.

Côté australien, la perspective d’un conflit inquiète également. Peter Dutton, le ministre australien de la Défense, a ainsi fait part de ses inquiétudes, évoquant de possibles mesures de rétorsion à l’encontre du port de Darwin, concédé à une société chinoise en 2015 pour un bail de 99 ans.

Ce 7 mai, Hu Xijin, le rédacteur en chef du Global Times, organe de presse chinois, a pour sa part suggéré des frappes à longue portée vers l’Australie, si Canberra venait à interférer dans un potentiel conflit.

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