Avec son futur patrouilleur spatial Yoda la France sera capable de concurrencer les États-Unis et la Russie

La France, qui a mené récemment ses exercices militaires spatiaux AsterX, est en train de construire un patrouilleur-guetteur Yoda qui doit protéger des satellites du pays. Vadim Loukachevitch, expert en astronautique, a évalué dans un commentaire à Sputnik les perspectives de la création de cet engin spatial.
Sputnik

Mi-mars, la France a évalué ses capacités de protection de ses satellites lors d’exercices militaires spatiaux AsterX. Entièrement simulés, ils comportaient, entre autres, une attaque par un satellite ennemi doté d'un bras articulé ainsi que l’attaque par «nanosatellites» de quelques centaines de grammes, capables de détruire un objet dans l'espace.

Les exercices ont été reconnus comme une réussite. Le général Philippe Lavigne, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace (CEMAAE) a alors noté que l’AsterX avait démontré «une crédibilité opérationnelle qui repose sur une préparation de haut niveau».

De son côté, Florence Parly a évoqué le 22 avril sur le plateau de l’émission Good Morning Business, «des comportements» «menaçants» et «multipliés» qui pouvaient «mettre en péril les moyens de la France dans l'espace».

Patrouilleur Yoda

Interrogé à cette occasion sur le patrouilleur-guetteur Yoda, développé actuellement par des ingénieurs français, l'expert en astronautique Vadim Loukachevitch a indiqué à Sputnik que la France avait tout à fait les capacités pour créer un engin de ce genre, tout comme les États-Unis ou la Russie.

D’après un rapport du député Jean-Jacques Ferrara pour l’Assemblée nationale, vers 2023, la France doit envoyer à 35.786 km d’altitude un prototype Yoda qui «sera constitué de deux nanosatellites d’un poids de 10 à 20 kg» et aura pour objectif de prouver la capacité de la France «à mener des opérations en orbite géostationnaire».

«[Ces nanosatellites] évolueront en orbite géostationnaire afin de valider les technologies de rapprochement d’un satellite, dimensionner les charges utiles d’opération de proximité et entraîner les opérateurs du commandement de l’espace aux opérations dans l’espace», précise le rapport.

Sur la base des résultats obtenus par Yoda, la France compte ensuite envoyer vers 2030 un satellite patrouilleur plus lourd d’une centaine de kilogrammes et véritablement opérationnel.

L’expert a rappelé que la Russie développait depuis plusieurs années toute une série d’engins spatiaux de ce genre dont Kosmos 2491 et Kosmos 2499 qui se trouvent toujours en orbite.

Parlant des moyens d’attaque que des engins similaires peuvent utiliser pour faire face aux satellites ennemis, l’expert a expliqué qu’ils pouvaient les détruire en explosant à l’impact. Ils peuvent également les désactiver en émettant un nuage d’aérosol.

Le satellite russe Louch-Olymp

En septembre 2018, la ministre française des Armées, Florence Parly, avait accusé la Russie d'avoir commis en 2017 «un acte d'espionnage» contre le satellite militaire franco-italien Athena-Fidus. Elle a mis en cause le satellite russe Louch-Olymp qui, selon elle, s’est approché d’Athena-Fidus «de tellement près qu’on aurait vraiment pu croire qu’il tentait de capter» des communications sécurisées.

Répondant à ces allégations, Maria Zakharova a alors rappelé que début 2018, le ministère russe de la Défense avait déjà livré toutes les explications nécessaires concernant les inquiétudes de Paris au sujet de la prétendue «convergence dangereuse» de deux satellites en 2017. De plus, la porte-parole de la diplomatie russe a estimé que la France essaiyait ainsi d’utiliser une «argumentation trop subtile» pour fonder la nécessité d’«accumuler du potentiel de défense dans l’espace et d’obtenir le financement approprié».

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