«La démocratie n’est pas comme le Coca-Cola»: Pékin critique l’unilatéralisme américain

La Chine a rappelé que la vision américaine de la démocratie n’était pas une norme universelle, par la voix de son ministre des Affaires étrangères. Pékin demande aux États-Unis de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures chinoises, sous couvert de droits de l’homme.
Sputnik

Entre une salve de sanctions fin mars et un regain de tension sur la question taïwanaise, les relations sino-américaines vivent une séquence orageuse. Mais au-delà des aléas géopolitiques, Pékin a tenu à interpeller Washington sur sa vision de la démocratie.

Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, a ainsi déclaré qu’il n’y avait pas qu’un seul modèle politique en la matière, lors d’une visioconférence organisée par le Council on Foreign Relations (CFR).

Le responsable a précisé que le choc entre Pékin et Washington ne se résumait pas à un différend entre «démocratie et autoritarisme». Il a souligné que la démocratie en Chine prenait «une forme différente de celle des États-Unis» et qu’il n’appartenait à personne de nier ce choix.

«La démocratie n'est pas comme le Coca-Cola, dont les États-Unis produisent le sirop et qui a le même goût dans le monde entier. Le monde serait terne et sans vie s'il n'y avait qu'un seul modèle et une seule civilisation», a ainsi déclaré le haut diplomate chinois.

Wang Yi a encore appelé les États-Unis à chercher une «coexistence pacifique» avec la Chine, tout en acceptant que le pays se soit engagé sur cette voie différente. Il a ajouté que Pékin ne cherchait pas à exporter son idéologie, mais n’entendait pas non plus copier des modèles étrangers.

Ne pas instrumentaliser les droits de l’homme

Le ministre a encore exhorté Washington à ne pas utiliser les droits de l’homme comme un prétexte à ingérence, pour mieux se mêler des affaires intérieures chinoises. Une remarque qui fait écho aux récentes sanctions dont Pékin a fait l’objet, pour violation des droits de l’homme. Des mesures décidées par les États-Unis, mais aussi l’UE, le Royaume-Uni et le Canada, qui reprochent à la Chine son traitement de la minorité ouïghoure, dans le Xinjiang.

Pékin avait déjà fustigé ce recours à l’argument des droits de l’homme, juste après l’annonce des sanctions. Hua Chunying, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, avait ainsi regretté que les puissances occidentales s’érigent en «juges» sur le sujet. La responsable avait renvoyé les États-Unis à leurs propres contradictions en matière de discriminations, citant le cas de George Floyd.

Les sanctions n’ont en tout cas pas entravé la marche en avant de l’économie chinoise, qui n’en finit pas de briller après la crise sanitaire. Le pays a ainsi vu son PIB exploser de 18,3% au premier trimestre 2021, un chiffre record.

Plus paradoxal encore: malgré les sanctions, les exportations directes du Xinjiang vers les États-Unis ont augmenté de 113% ces trois derniers mois, par rapport à la même période en 2020, rapportait récemment le South China Morning Post.

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