Attaque de Rambouillet: Darmanin explique pourquoi certains radicaux échappent au renseignement

Dans un entretien au JDD le ministre de l’Intérieur a défendu, après la récente attaque au commissariat de Rambouillet, les mesures du gouvernement en matière de lutte antiterroriste. Il présentera un nouveau projet de loi censé améliorer l’efficacité du suivi en ligne des radicalisés.
Sputnik

Après une nouvelle attaque en France qui a coûté la vie d’une policière du commissariat de Rambouillet (Yvelines), Gérald Darmanin s’est exprimé pour Le Journal du Dimanche (JDD) sur la lutte antiterroriste, annonçant un nouveau projet de loi pour la rendre plus efficace en ligne.

«Nous avons désormais affaire sur notre sol à des individus isolés, de plus en plus jeunes, inconnus des services de renseignement avant leur passage à l’acte et sans forcément de lien avec des réseaux islamistes constitués», a-t-il expliqué, affirmant que leur usage d’Internet et des réseaux sociaux, qui a remplacé les appels téléphoniques, «rend difficile leur repérage».

En effet, l’assaillant abattu vendredi n’était pas connu des services de police et du renseignement. Il avait pourtant visionné une vidéo sur le djihad avant son passage à l’acte. Pendant plusieurs années, il a publié au sujet de l’islamophobie. «Pas de signe de radicalisation» détecté, a toutefois déclaré Laurent Nunez, coordinateur national du renseignement.

En octobre dernier, l’assassin de Samuel Paty était déjà passé entre les filets du renseignement, communiquant avec d’autres individus radicalisés via Instagram, a rappelé le ministre. Faut-il donc autoriser le renseignement à surveiller toutes les données et communications en ligne, violant ainsi les libertés individuelles?

Nouvelles mesures

Pour Gérald Darmanin, il n’est pas question que l’État se prive de faire ce que les grandes entreprises font déjà. Ainsi, il présentera mercredi 28 avril un projet de loi visant notamment à «actualiser et pérenniser le recours des algorithmes, c’est-à-dire le traitement automatisé des données de connexions, par la DGSI [Direction générale de la sécurité intérieure]».

«La loi doit nous permettre d’être plus efficaces, en nous renforçant sur le terrain de la technologie qu’utilisent les terroristes», a-t-il assuré, annonçant par ailleurs un renforcement du suivi humain.

Les personnes condamnées pour terrorisme et qui sortent de prison pourront désormais être suivies pendant deux ans, contre un an actuellement.

Enfin, sur la question des frontières, il compte engager une réforme des accords de Schengen avec les pays qui en font partie, et ce lorsque la France présidera l’Union européenne en 2022. «La circulation libre des citoyens dans l’Union doit être garantie, mais nous voulons créer de véritables frontières extérieures de l’UE», a-t-il indiqué.

Autres menaces

Outre le terrorisme islamiste, responsable de 14 attentats et 25 morts dans l’Hexagone depuis 2017, M. Darmanin a rappelé que d’autres menaces persistent. C’est le cas d’individus de l’ultradroite, à tendance complotiste ou survivaliste, comme c’était le cas des ravisseurs de la petite Mia, âgée de huit ans. Les attaques contre les lieux de culte ou de culture musulmans se sont également multipliées. «Un autre danger vient de l’ultragauche, dont un passage à l’acte criminel a été empêché en décembre», a-t-il prévenu.

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