À Tourcoing, théâtre de violences urbaines, des mortiers d’artifice explosent sur la façade du domicile d'un policier 

Le domicile d’un policier a été visé par des tirs de mortiers d’artifice à Tourcoing dont les nuits sont actuellement émaillées par des violences urbaines. Le fonctionnaire a porté plainte.
Sputnik

Après plusieurs nuits d'affrontements entre émeutiers et policiers à Tourcoing (Nord), le domicile d’un policier a été pris pour cible en début d’après-midi mercredi 21 avril, rapporte La Voix du Nord.

Le quotidien indique que le fonctionnaire, affecté à Roubaix, a entendu des mortiers d’artifice exploser sur la façade de son habitation située dans le quartier de l’Épidème. Au total, cinq projectiles auraient été tirés. Le policier a déposé une plainte et une enquête a été ouverte. Elle aura pour objectif non seulement d'établir l'identité des malfrats, mais aussi de voir leurs motifs : la victime a-t-elle été visée à cause de sa fonction?

La Voix du Nord souligne que c’est dans ce même quartier qu’un véhicule et un engin de chantier ont été incendiés la nuit dernière lors des violences urbaines.

Cité par Franceinfo, Benoit Aristidou, délégué du syndicat SGP-FO Police à Roubaix et Tourcoing, souligne que son collègue «était à l’intérieur de sa maison lorsqu’il a entendu les détonations […]. C'est la seule maison de la rue qui est visée».

«On est là pour défendre les citoyens»

En outre, dans une interview accordée à Europe 1, le syndicaliste a indiqué que «si on vient carrément chercher les forces de l’ordre à leur domicile, ça risque de très mal se passer».

«On est là pour défendre les citoyens, pas pour se faire attaquer chez soi. Si en dehors de notre vie professionnelle, qui est déjà très compliquée, on n'est pas serein à la maison, ça fait peur. Surtout si on a une famille à protéger», poursuit-il.

Tensions à Tourcoing

Le 20 avril, la ville de Tourcoing a connu une quatrième nuit d’émeutes, comme l’a constaté le correspondant de Sputnik sur place.

Dans la même soirée, sept personnes ont été interpellées, et six ont été placées en garde à vue pour incendies et tirs de mortiers, selon la police.

Les premiers incidents y remontent au 17 avril pour se poursuivre les 18 et 19 avril à la suite d’une intervention pour un rodéo dans le quartier de la Croix-Rouge. Lors de ces violences urbaines, les forces de l'ordre ont été la cible de jets de projectiles.

«La vie quotidienne difficile»

Sur fond des violences à l’encontre des forces de l’ordre dans certains quartiers de l’Hexagone, la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, invitée de de Punchline sur CNews le 20 avril, a jugé «difficile» la vie quotidienne des fonctionnaires, «entravés et menacés parfois dans leur action».

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