«Il faudrait que Sheila se fasse vacciner»: le gouvernement cherche à disperser les doutes sur l’AstraZeneca

Alors que la méfiance envers le vaccin d’AstraZeneca persiste, Emmanuel Macron a appelé à «réfléchir en termes de communication et de capacité à convaincre» sur le produit. Pour ce faire, l’exécutif a choisi d’engager une campagne de communication avec «des stars de plus de 55 ans», selon Le Canard enchaîné.
Sputnik

Le gouvernement prépare une campagne de communication avec «des stars de plus de 55 ans» face à la méfiance persistante envers le vaccin d’AstraZeneca, bien que celle-ci n’impacte pour l’instant pas négativement le rythme des piqûres, rapporte Le Canard enchaîné.

​Le journal indique qu’une opération de communication de grande ampleur a été confiée au Service d’information du gouvernement (SIG). Les groupes France Télévisions, M6 et TF1 ont été approchés pour diffuser des images de «stars de plus de 55 ans» en train de se faire inoculer le vaccin d’AstraZeneca.

«Il faudrait que Sheila se fasse vacciner», a insisté Jean Castex, cité par l’hebdomadaire

Les réticences sur l’AstraZeneca évoquées par Macron

Cette décision est intervenue après que le Président de la République a pointé lors d'une réunion hebdomadaire «vaccins» à l'Élysée les réticences des Français à se faire piquer avec l’AstraZeneca, indique l’AFP.

«Nous avons des difficultés pour convaincre sur l'AstraZeneca. Il faut réfléchir en termes de communication et de capacité à convaincre», a-t-il noté, saluant le rythme de la vaccination et les 2,5 millions de doses injectées sur une semaine.

Et de poursuivre: il faut «savoir comment on maintient ce rythme et comment améliorer les leviers».

La source des inquiétudes

L’inquiétude quant à l’innocuité du vaccin d’AstraZeneca persiste un peu partout dans le monde, notamment en France qui a réservé son administration aux personnes de 55 ans et plus.

Une inquiétude due à un «lien» entre le médicament suédo-britannique et les cas de thrombose (caillots sanguins) très rares observés suite à son inoculation que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a confirmé le 26 mars.

Le scepticisme s’est accentué après que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a informé le 16 avril dans un communiqué de l’enregistrement de neuf nouveaux cas de thromboses atypiques, de deux cas de troubles de la coagulation et de quatre décès, tous chez des vaccinés à l’AstraZeneca.

Des Français toujours sceptiques

Plombé par la médiatisation de ses risques pour la santé, de sa suspension et de sa limitation dans certains pays, le vaccin est rejeté par 71% des Français qui optent plutôt pour ceux de Pfizer-BioNTech (niveau de confiance de 70%) et de Moderna (65%), selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Franceinfo et Le Figaro publié le 8 avril.

En effet, à Douai (Nord), les volontaires pour une injection du vaccin d’AstraZeneca contre le Covid-19 sont peu nombreux, indique Europe 1. Un médecin a fait part des difficultés à persuader ses patients, certains insistant pour lire l’étiquette du flacon.

À Nice, un centre de vaccination a dû fermer ses portes samedi à 13 heures après seulement une cinquantaine d’injections alors qu’il était prévu d’administrer 4.000 doses d’AstraZeneca en deux jours aux personnels prioritaires (enseignants, forces de l’ordre, etc.) de plus de 55 ans.

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