Moscou réagit à l’idée tchèque de restituer un terrain de l’ambassade russe

La diplomatie russe a dénoncé la proposition du maire d’un arrondissement de Prague de restituer une partie du terrain de l’ambassade de Russie, évoquant la possibilité d’une réponse symétrique.
Sputnik

La République tchèque possède aussi des biens immobiliers en plein centre de Moscou, a déclaré ce lundi 19 avril le ministère russe des Affaires étrangères, commentant l’idée avancée par le maire d’un arrondissement de Prague de réclamer la restitution d’une partie du terrain de l’ambassade russe dans la capitale tchèque.

«Si Prague et ses maires d’arrondissement trop zélés se risquent à utiliser d’autres "outils", nous vous rappelons que la République tchèque a aussi des biens immobiliers considérables près de la rue Tverskaïa de la capitale russe», a indiqué le ministère sur Facebook.

Les terrains occupés par l’ambassade de Russie à Prague avaient été accordés à l’URSS au début des années 1970, conformément à des accords soviéto-tchécoslovaques en vigueur, souligne la diplomatie russe.

«Les parcelles susmentionnées ont été attribuées à l'URSS au début des années 1970 en vertu d’accords soviéto-tchécoslovaques existants. Auparavant, si la République tchèque ou la Russie avaient des questions concernent l’immobilier, y compris l'utilisation des terrains, elles ont eu recours à un mécanisme de consultations d'experts appropriées. Nous avons des outils pour un dialogue professionnel et compétent», ajoute le ministère.

Un terrain de l’ambassade russe à Prague en question

Plus tôt dans la journée du 19 avril, le maire du 7e arrondissement de Prague, Jan Cizinsky, a déclaré que les autorités municipales réclamaient que Moscou leur restitue la partie du parc de Stromovka actuellement occupé par l’ambassade russe.

Selon le site tchèque Novinky, il s’agit du secteur où les soldats du pacte de Varsovie ont dressé un camp en août 1968, le transformant en base militaire. L’ambassade soviétique a gardé ce terrain après le retrait des troupes soviétiques du pays en 1991.

L’idée du responsable tchèque a été avancée dans le contexte d’une crise diplomatique entre Moscou et Prague. La République tchèque a annoncé le 17 avril l’expulsion de 18 employés de l’ambassade russe identifiés comme des agents des services secrets qu’elle accuse d’être impliqués dans l’explosion survenue en 2014 dans un entrepôt militaire. La Russie, qui dément toute implication de ses services secrets dans l’accident, a riposté en expulsant 20 diplomates tchèques.

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