La France entame la production de vaccins Pfizer mais toutes les doses ne seront pas pour les Français

Le laboratoire Delpharm démarre une ligne de conditionnement de doses de Pfizer/BioNTech dans son usine en Eure-et-Loir. Dans les mois qui suivent, d’autres groupes pharmaceutiques entameront l’enflaconnage des vaccins. L’exécutif table sur 250 millions de doses d’ici la fin de l’année. Néanmoins, toutes ne seront pas destinées aux Français.
Sputnik

Des vaccins vont enfin être produits sur le territoire français. Le groupe sous-traitant pharmaceutique Delpharm commence ce mercredi 7 avril à mettre en flacon des doses élaborées par Pfizer/BioNTech dans son usine à Saint-Rémy, en Eure-et-Loir.

L’accord sur la production a été conclu en novembre 2020. Les vaccins à base d'ARN messager produits sur le site vont alimenter la France, mais aussi l’Europe.

Le groupe a installé une unité spéciale et a investi 18 millions d'euros au total. Dans un premier temps, Delpharm va produire des lots-test, et seulement après des lots à commercialiser.

Les 300 salariés sont en cours de vaccination afin que le virus ne vienne pas contrarier la production, précise le maire de la commune sur France Inter.

D’autres suivront

«Nous pourrons produire 250 millions de doses d'ici la fin de l'année», prévoit Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, invitée sur Franceinfo ce 7 avril.

Effectivement, d’autres groupes pharmaceutiques entameront la production d’autres vaccins dans les prochains mois.

Mi-avril, le groupe suédois Recipharm produira des vaccins Moderna en Indre-et-Loire.

Fin mai, l'entreprise Fareva s'occupera du vaccin CureVac, non encore approuvé dans l'UE, dans ses deux sites de l'Eure et des Pyrénées-Atlantiques.

À partir de cet été, Sanofi va commencer à produire près de Lyon le vaccin de Johnson & Johnson, tout en poursuivant l'élaboration de son propre médicament. De plus, Sanofi va conditionner du Pfizer/BioNTech sur son site allemand, a souligné Mme Pannier-Runacher en s’exprimant devant les députés de l’Assemblée nationale le 6 avril.

«C’est une prouesse à la fois scientifique, technologique et industrielle, et c’est une prouesse européenne et française», s’est-elle félicitée.

Répartition des doses

Ces 250 millions de doses, pourtant, ne seront pas toutes destinées à la France mais seront réparties entre les Vingt-Sept d’une manière proportionnelle.

«Les vaccins produits en France ne vont pas forcement rester en France», explique l’avocate Diane Bandon-Tourret, sollicitée par BFM TV. En concluant des accords avec des producteurs, la Commission européenne s’est fondée sur la population des États membres et non sur leurs investissements dans les sites de fabrication.

«De fait, ce volume va venir approvisionner tous les États membres en fonction de leur population», a prévenu l’avocate.

«Lenteur inacceptable»

Le lancement de la production sur le territoire français intervient peu après que Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l'OMS Europe, s’est indigné le 1er avril de la «lenteur inacceptable» de la campagne de vaccination européenne.

Le 6 avril, Bruxelles a admis qu’aucun État membre de l’UE n'avait atteint fin mars l'objectif de vacciner 80% des personnes de plus de 80 ans. À cause d’importants retards de livraison, les Vingt-Sept ont reçu au premier trimestre 107 millions de doses, très en deçà des projections initiales, a déclaré Stefan de Keersmaecker, un porte-parole de la Commission européenne. Pourtant, une nette accélération est attendue d'ici la fin juin, a-t-il fait savoir.

Au 5 avril, 9.356.301 Français (13,96%) ont reçu une dose d’un vaccin et 3.120.634 (4,66%) les deux, selon les données du ministère de la Santé.

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