Un lien entre le vaccin d'AstraZeneca et les thromboses confirmé par un responsable de l'EMA

Soulignant que l'évaluation «est loin d'être achevée», un responsable de l'EMA a indiqué ce 6 avril auprès du quotidien italien Il Messaggero qu'il est «désormais clair qu'il existe un rapport entre le vaccin [d'AstraZeneca]» et les cas de thromboses.
Sputnik

Alors qu'Olivier Véran a renouvelé ce 6 avril sa confiance au vaccin d'AstraZeneca, mettant en relief «la balance bénéfices-risques très positive», un responsable de l'Agence européenne des médicaments (EMA) a confirmé l'existence d'un «lien» entre le médicament suédo-britannique et les cas de thrombose observés suite à son inoculation.

À la question de savoir s'il était possible de lier la formation de caillots sanguins à l'administration du vaccin d'AstraZeneca, Marco Cavaleri, responsable de la stratégie sur les vaccins à l'EMA, a réagi auprès d'Il Messagero:

«À mon avis, nous pouvons désormais dire qu'il est clair qu'il existe un rapport avec le vaccin. Cependant, nous ne savons pas ce qui provoque cette réaction».

M.Cavaleri a ajouté qu'ils comptent annoncer dans les prochaines heures le lien, mais qu'ils doivent «encore comprendre comment cela se produit».

L'instance se réunira donc sur ce dossier du 6 au 9 avril.

Confirmant que la balance bénéfices-risques est toujours en faveur du vaccin en question, le responsable a indiqué qu'ils aborderont «plus en détail les différentes tranches d'âge».

L’innocuité d'AstraZeneca pose des questions

Des suspicions quant à l’innocuité du vaccin suédo-britannique sont apparues il y a quelques semaines, les doutes étant liés aux risques de cas de thrombose après son administration. Alors que des dizaines de cas, dont certains se sont soldés par des décès, ont été signalés, des pays européens ont suspendu l’utilisation du vaccin.

Une suspension levée après le feu vert de l’EMA pour qui «malgré un lien possible avec de rares caillots sanguins avec une baisse des plaquettes sanguines», les bienfaits d’AstraZeneca l’emportaient toujours sur les risques.

Plusieurs pays ont toutefois maintenu la suspension du vaccin pour certaines tranches d’âge, comme les Pays-Bas, ou encore deux villes allemandes, Berlin et Munich. Quant à la France, la Haute Autorité de santé a recommandé de réserver son inoculation aux personnes de 55 ans et plus, car jusqu'alors les cas de thrombose veineuse cérébrale avaient été principalement observés chez les moins de 55 ans.

Mais la confiance des Français dans le vaccin s'est écroulée, selon un sondage Odoxa Backbone Consulting pour Franceinfo et Le Figaro réalisé les 18 et 19 mars. Ce week-end, des centres de vaccination de Calais (Pas-de-Calais) et de Gravelines (Nord) ont fermé plus tôt que prévu faute de volontaires pour l’AstraZeneca.

Estimant ce 6 avril sur TF1 que le vaccin d'AstraZeneca est un «vaccin que l'on sait très efficace et dont les autorités scientifiques nous disent qu'il est sûr, notamment pour les personnes âgées de 55 ans et plus», le ministre français de la Santé a souligné que «la balance bénéfices-risques est très positive. Le risque de faire une forme grave du Covid quand on a 55 ans et plus est nettement supérieur, de manière écrasante, à tout risque d’effets indésirables».

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