La diplomatie US rejette entièrement sur Moscou la responsabilité de l’état déplorable de leurs relations bilatérales

Le logo du Département d'Etat américain
Alors que Moscou constate que ses relations avec les États-Unis ont «touché le fond» après les propos de leur Président à l’égard de Vladimir Poutine, Washington nie être responsable de cette détérioration.
Sputnik

Après que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que les relations américano-russes étaient actuellement au plus bas et que la date du retour de l’ambassadeur russe à Washington restait incertaine, le département d’État américain a rejeté sur Moscou la responsabilité de cette situation. Pourtant, la crise actuelle est directement issue des déclarations du Président américain qui a présenté son homologue russe comme «un tueur».

Jeudi 1er avril, le porte-parole du département d’État américain Ned Price a affirmé lors d’un point de presse que la Russie avait conduit à une escalade des tensions entre les deux pays.

Les raisons de cette escalade selon Washington

Parmi les causes de cette escalade, il a cité «l'assaut de la Russie contre notre démocratie en 2016 et plus récemment en 2020», des rapports accusant Moscou d'avoir mis la tête de soldats américains à prix en Afghanistan, ainsi que les «cyberopérations malveillantes de la Russie, l’emprisonnement d’Alexeï Navalny et l’arrestation de manifestants pro-Navalny».

Il a cependant indiqué que «quand il y aura des domaines de coopération potentielle, des domaines qui sont dans notre intérêt national - américain - à poursuivre, nous le ferons».

Les relations ont «touché le fond»

Jeudi également, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré aux journalistes que l’état des relations entre les deux pays avait «touché le fond» et qu’il n’y avait actuellement aucune date fixée pour le retour à Washington de l’ambassadeur russe Anatoly Antonov.

Ce dernier avait été rappelé pour consultations à Moscou après les propos de Joe Biden sur son homologue russe lors d’une interview télévisée.

«Il est important d'analyser le stade actuel des relations avec les États-Unis», a déclaré Sergueï Lavrov à la chaîne de télévision Perviy Kanal, précisant qu’il ne résultait pas de l’interview de Biden, mais s’était développé au fil des ans.

Le ministre a indiqué qu’«un langage inapproprié» utilisé au cours de l’entretien du Président américain à la chaîne de télévision ABC avait démontré l’urgence d’une analyse en profondeur.

L’heure est à la synthèse

«Cela ne veut pas dire que toutes ces années nous n’avons fait qu’observer sans tirer des conclusions. Mais l’heure est venue de faire des généralisations», a-t-il résumé.

Insulte au pays et preuve d’impuissance

Cette rupture de Biden avec le langage traditionnellement prudent concernant les dirigeants étrangers a provoqué une vague de critiques à Moscou. Le président de la Douma russe (chambre basse du Parlement), Vyacheslav Volodine, a déclaré dans un communiqué que «Biden a insulté les citoyens de notre pays avec sa déclaration» à propos de Vladimir Poutine.

«C'est une crise de colère provoquée par l'impuissance. Poutine est notre Président, l'attaquer c’est attaquer notre pays», a-t-il ajouté.

Il a mentionné que malgré les décisions prises par Donald Trump pour des sanctions antirusses «sa rhétorique était conforme au niveau d’un chef d'État».

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