«Guerre mondiale d'un nouveau genre»: les concepteurs du Spoutnik V répondent aux accusations de Macron

Les concepteurs du vaccin anti-Covid russe Spoutnik V appellent à mettre fin à la politisation des vaccins après que le Président français a reproché à Moscou et Pékin d’imposer leur influence à l’UE sur fond des problèmes de vaccination qui la touchent.
Sputnik

Les concepteurs du vaccin Spoutnik V ont réagi aux récentes déclarations d’Emmanuel Macron qui avait évoqué une «guerre mondiale d’un nouveau genre» face aux «velléités russes et chinoises d’influence par le vaccin».

Dans une publication rédigée en anglais sur Twitter, ils invitent à mettre fin à la politisation des vaccins et assurent œuvrer «pour la paix et non pour la guerre». Dans le même temps, les concepteurs du Spoutnik V saluent l’envoi d’une équipe de chercheurs français en Russie pour évaluer le médicament et se félicitent de leur «partenariat avec la France qui nous a beaucoup aidés et contribué à notre combat commun contre le Covid».

«La Russie a proposé à la France de se joindre aux 10 autres pays qui ont accepté de produire le Spoutnik V. La production de divers vaccins est une route sûre vers l’indépendance en matière de vaccins. Ensemble, nous sommes plus forts», soulignent-ils.

Moscou et Pékin dans le viseur de Macron

À l’issue d’un Conseil européen par visioconférence ce jeudi 25 mars, le Président de la République française a estimé que l’UE devait rester «souveraine» face aux tentatives de Moscou et Pékin de lui imposer son influence alors que des problèmes de vaccination persistent en Europe.

«Nous sommes en train de nous mettre en capacité de produire pour les vaccins de seconde génération», a assuré M.Macron, reconnaissant que «le virus continuera d'être là, de circuler, de muter», ce qui nécessite bien une «réponse européenne».

Un «moyen de propagande» pour Le Drian

Le 26 mars, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a reproché à Moscou de faire de son vaccin anti-Covid Spoutnik V un outil de «propagande». «À la manière dont c’est géré, c’est plus un moyen de propagande et de diplomatie agressive qu’un moyen de solidarité et d’aide sanitaire», a-t-il déclaré sur Franceinfo.

Le ministre a en outre accusé la Chine et la Russie de mener «une politique d’influence par le vaccin avant même de vacciner leur propre population». Or, précédemment, il avait estimé que «les vaccins n'ont pas de nationalité», car «l'important, c'est d'avoir un médicament qui marche».

«Échanges positifs» avec la partie russe

Invité début février sur le plateau de TF1, Emmanuel Macron ne s’était pas montré défavorable à l’utilisation du Spoutnik V en France pour accélérer la campagne de vaccination, tout en rappelant qu’il s’agissait d’une «décision scientifique».

Il avait alors précisé avoir «pris l’initiative d’envoyer une mission scientifique en Russie pour échanger avec les équipes» sur le vaccin Spoutnik V. Bien que ces échanges aient été «tout à fait positifs», M.Macron a fait valoir qu’il était impossible de distribuer le vaccin en France «tant que le producteur russe n’a pas soumis une autorisation de mise sur le marché à nos autorités».

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