Bras de fer entre Biden et des parlementaires sur le manque de diversité dans son administration

Deux sénatrices américaines ont mis la pression sur Joe Biden, menaçant de s'opposer aux nominations de son administration au Sénat, si les candidats n’étaient pas issus de minorités raciales.
Sputnik

La question de la visibilité des minorités au sein de l’exécutif n’en finit pas d’agiter la présidence Biden. Une récente passe d’armes a eu lieu à ce sujet, suite aux critiques de deux sénatrices sur la faible représentation d’AAPI (Asio-Américains et Américains originaires des îles du Pacifique) au sein du nouveau cabinet.

La sénatrice américaine d’origine thaïlandaise Tammy Duckworth s’est notamment indignée du manque de réactivité de l’administration sur ces enjeux. L’élue de l’Illinois a menacé de voter contre toute nouvelle nomination non liée aux «minorités raciales et LGBTQ».

«Il n'y a pas une seule personne AAPI en poste au cabinet. Ce n'est pas acceptable. C'est ce que j'ai dit à la Maison-Blanche. Je leur parle depuis des mois, et ils ne sont toujours pas incisifs. Je ne voterai donc pas pour un candidat de la Maison-Blanche, autre qu’issu de la diversité», a-t-elle ainsi expliqué devant la presse.

La sénatrice s’est également déclarée choquée de l’attitude de la chef de cabinet adjointe, Jen O'Malley Dillon, qui avait mis l’accent sur les origines asiatiques de Kamala Harris lors d’une réunion ce lundi 22 mars.

«Se voir répondre: "Eh bien, vous avez Kamala Harris, nous sommes très fiers d'elle, vous n'avez besoin de personne d'autre" est insultant», a déclaré Tammy Duckworth devant la presse.

L’élue a plus tard été rejointe dans son combat par la sénatrice d’Hawaï Mazie Hirono. Celle-ci a cependant souligné sur MSNBC qu’il ne s’agissait pas de «monter un groupe de diversité contre un autre».

Le sujet est d’autant plus délicat que des vagues de violences et de xénophobie ont touché les américains d’origines asiatiques ces dernières semaines. Des fusillades, ayant coûté la vie à huit personnes dans trois salons de massages d’Atlanta, ont notamment suscité une émotion nationale ce week-end. Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis à New York et Washington pour dénoncer ce racisme anti-asiatique.

Biden fait des concessions

La fronde des deux sénatrices a finalement atteint son but, la Maison-Blanche annonçant ce mardi qu’elle nommerait un haut-fonctionnaire pour se concentrer sur les priorités américano-asiatiques et s’assurer que «la voix de la communauté soit davantage représentée et entendue».

Une concession saluée par Tammy Duckworth sur Twitter, la sénatrice déclarant qu’elle renonçait à faire obstacle aux prochaines nominations au Sénat.

Joe Biden avait fait de la diversité dans ses équipes l’un de ses chevaux de bataille, dès sa prise de fonction. En décembre, il avait notamment assuré vouloir bâtir «une administration qui ressemble à l’Amérique».

Le choix des membres du cabinet doit désormais être validé par le Sénat. Si ce dernier confirme les nominations de Biden, la moitié du cabinet sera composé de non-blancs, selon les chiffres du groupe Inclusive America qui suit la diversité au sein du gouvernement.

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