«Les gens de couleur peuvent être mécène»: deux acheteurs indiens affolent l’art numérique

Après que l’identité des acheteurs de l’œuvre numérique Everydays: the First 5.000 Days, vendue 69,3 millions de dollars, a été révélée, les deux mécènes indiens ont expliqué le but de leur démarche sur leur blog.
Sputnik

On en sait désormais plus sur les deux mécènes qui ont acquis Everydays: the First 5.000 Days, un collage numérique de 5.000 images, vendu 69,3 millions de dollars (58,2 millions d'euros) chez Christie's, le 11 mars. Il s’agit de Vignesh Sundaresan et d’Anand Venkateswaran, deux acheteurs indiens, qui utilisaient jusque-là des pseudonymes.

Leurs deux noms ne sont pas inconnus des amateurs de nouvelles technologies, et particulièrement de cryptomonnaies, puisqu’ils sont les fondateurs de Metapurse, un fonds d’investissement spécialisé dans les jetons non fongibles (NFT), actifs numériques uniques émis par la technologie blockchain.

Les deux acheteurs ont tenu à révéler eux-mêmes leur identité dans un billet de blog, mettant l’accent sur la possibilité pour les gens de couleur de jouer un rôle dans le monde de l’art.

«Le but était de montrer aux Indiens et aux personnes de couleur qu'ils pouvaient aussi être des mécènes, que la crypto était une puissance d'égalisation entre l’Ouest et le Reste [du monde, ndlr], et que les pays du Sud étaient en train de monter», expliquent les mécènes dans ce billet.

Le boom de l’art numérique

La vente d’Everydays: the First 5.000 Days, de l'artiste américain Beeple (de son vrai nom Mike Winkelmann), avait enflammé le monde de l’art en s’envolant à un prix hors norme pour devenir la troisième œuvre vendue le plus cher d’un artiste vivant.

Depuis plusieurs semaines cependant, le marché de l’art numérique était en ébullition, pulvérisant ses records de vente. Le 22 février, une autre production de Beeple intitulée CROSSROAD, s’était ainsi arrachée pour 6,6 millions de dollars (environ 5,5 millions d’euros) sur la plateforme Nifty Gateway.

L’œuvre représentait une caricature géante de Donald Trump, allongé sur une pelouse, la peau couverte de tags. Là encore, la technologie NFT était au cœur des débats, l’artiste ayant encrypté sa signature dans une blockchain pour attester de l’authenticité de l’œuvre et rendre impossible sa duplication.

Début mars, dix œuvres numériques de la musicienne canadienne Grimes s’étaient également envolées pour la modique somme de 5,8 millions de dollars (près de 4,8 millions d’euros), vingt minutes après leur mise en vente sur Nifty Gateway.

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