Le Premier ministre italien n'exclut pas la possibilité de commander le vaccin Spoutnik V sans l’approbation de l'UE

Après Angela Merkel, le Premier ministre italien Mario Draghi a annoncé son intention de trancher lui-même la question de la commande du vaccin russe anti-Covid Spoutnik V si l’UE ne prend pas de position commune.
Sputnik

Mario Draghi a affirmé le 19 mars lors d’une conférence de presse que Rome pourrait prendre sa propre décision quant au vaccin russe anti-Covid Spoutnik V si aucune décision européenne commune n’est prise.

«Il faut être pratique. La coordination européenne a une grande valeur ajoutée, je l'ai toujours soutenue mais ici, cependant, il s'agit de la santé. Donc si la coordination européenne fonctionne, c’est très bien. Sinon, vous devez y aller seul. C'est du pragmatisme et je m’y réfère en premier», a expliqué M.Draghi cité par l'agence de presse italienne Adnkronos.

Mario Draghi a ensuite pleinement partagé la position d'Angela Merkel sur le vaccin russe, au cas où l'UE déciderait de ne pas prévoir son achat et sa distribution centralisés.

«Merkel m'a dit que si l'autorité européenne approuve le vaccin Spoutnik, c’est très bien. Si cela ne se produit pas, il en sera autrement: il faut du pragmatisme. Il faut d'abord chercher une coordination européenne ou alors faire autrement», a-t-il indiqué, avant d’ajouter: «Il faut être prêt à faire cavalier seul: c'est ce que Merkel a dit et c'est ce que je dis».

«Nous devrons agir pour nous-mêmes»

Plus tôt vendredi 19 mars, lors d'une conférence de presse à Berlin, Angela Merkel avait déclaré que l'Allemagne pourrait commander le vaccin russe Spoutnik V même si l’UE ne l’autorise pas.

«En ce qui concerne le vaccin russe, je suis d'avis depuis un certain temps que nous devrions utiliser tout vaccin approuvé par l'Agence européenne des médicaments au sein de l'Union européenne. Je préférerais une commande européenne. Si cette commande européenne ne se concrétise pas - mais je n'ai aucune indication à ce sujet - alors nous devrons agir pour nous-mêmes. Nous pouvons le faire et nous le ferions».

Vaccination en Europe

L'Europe a commencé la vaccination contre le Covid-19 fin décembre 2020 et prévoyait de «mettre fin à la pandémie» d'ici l'été, lorsque 70% de la population seront vaccinés.

«Nous avons acheté des doses plus que suffisantes pour tout le monde en Europe, et nous serons en mesure d'aider nos voisins et partenaires du monde entier», avait déclaré le 16 décembre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur son compte Twitter.

Cependant, un mois plus tard, il est devenu évident que les ambitieux plans de l'UE prenaient du retard: les fabricants ont commencé à perturber les délais de livraison, provoquant une pénurie de vaccins contre le Covid-19 au sein de l’espace européen.

Un autre casse-tête pour l’UE

Les problèmes d'approvisionnement en vaccins ne sont pas le seul problème des dirigeants européens. Depuis début février, l’Europe a connu une hausse des contaminations, a déclaré le directeur régional pour l’Europe de l’Organisation mondiale de la Santé Hans Kluge, appelant les habitants de l'UE à continuer de se conformer aux mesures de sécurité. «Le feu n'est pas encore éteint», avait-il écrit sur son compte Twitter.

Les responsables européens sont préoccupés par la détérioration de la situation épidémique: fin février, la chancelière allemande Angela Merkel avait déclaré que le pays est sur le point de connaître une troisième vague de Covid-19. L'Italie fait état d'une hausse des hospitalisations. En Slovaquie, les mesures de sécurité ont été renforcées, la France a signalé une aggravation de la situation dans tout le pays et a procédé au reconfinement de 16 départements ce 20 mars.

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