Face aux critiques, Facebook révèle sa politique en matière de droits de l’Homme

Critiqué à maintes reprises pour sa posture concernant les droits de l’Homme, Facebook vient d’adopter une politique dans ce domaine. La société va publier des rapports annuels sur son activité en la matière et créer un fonds destiné à en soutenir les défenseurs.
Sputnik

Facebook a révélé mardi 16 mars sa nouvelle action en matière de droits de l'homme, visant à renforcer leur respect par l'entreprise dans le cadre de ses activités commerciales, du développement de ses produits et de ses politiques.

Cette démarche constitue une réponse aux critiques, y compris de la part de l’Onu - dont Facebook fait l’objet en raison de l'utilisation de ses produits pour «organiser des abus et des violences» contre des groupes opprimés à travers le monde, indique Bloomberg.

«Un acte volontaire»

Plutôt que d'introduire des règles supplémentaires encadrant le contenu, la nouvelle donne formalise essentiellement les pratiques de l'entreprise qui existent déjà.

Dans le but d’assurer davantage de transparence, Facebook s’engage à publier des rapports annuels sur la manière dont il répond aux enjeux liés aux droits de l'Homme via ses produits, politiques ou pratiques commerciales, explique sur son blog Miranda Sissons, directrice des politiques en matière de droits de l'Homme chez Facebook.

«Cette politique n'est pas une exigence obligatoire. C'est un acte volontaire», assure-t-elle à Bloomberg.

Soutenir les défenseurs des droits de l'Homme

En soutien aux défenseurs des droits de l'Homme utilisant sa plateforme, Facebook va créer un fonds qui leurs «apportera une aide hors ligne» et soutiendra les efforts en matière de sécurité numérique, poursuit Mme Sissons.

Bien qu’elle n’ait pas divulgué le montant du fonds, la directrice a précisé que la première partie de l'aide serait distribuée en Asie plus tard cette année.

Un pas tardif?

Forbes relate que le groupe international Access Now, qui milite pour un Internet libre et ouvert, a salué la nouvelle politique de Facebook, estimant que c’était «une étape nécessaire pour toute entreprise qui cherche à respecter les droits de l'Homme». Sans pour autant s’empêcher de remarquer:

«Mais 17 ans, c'est trop long pour attendre cette déclaration de base, surtout de la part d'une entreprise énorme et puissante comme Facebook», fustige le conseiller général du groupe, Peter Micek.

Facebook sous le feu des critiques

Au fil des ans, Facebook a été la cible de vives critiques pour son attitude à l'égard des droits de l'Homme, et surtout pour ne pas faire suffisamment pour prévenir leurs violations.

La société a notamment été accusée par l’Onu du fait que ses services avaient été utilisés afin de coordonner la violence contre la minorité Rohingya en Birmanie, entraînant des milliers de morts. En outre, Facebook a été sous le feu des critiques pour avoir laissé se propager des messages haineux et encourager la violence dans des pays comme l'Inde et le Sri Lanka.

«Les récentes actions de Facebook en Australie -le blocage des comptes d'organisations de la société civile en réponse à une loi controversée- ne sont qu'un exemple parmi d'autres de la raison pour laquelle le géant de la technologie a besoin d'une politique des droits de l'Homme», estime auprès de Forbes Isedua Oribhabor, analyste d'Access Now.
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