Lieux de culture en péril: le domaine de Chantilly dénonce l’«instrumentalisation» du RN

Le sort des lieux culturels devient un enjeu politique en cette période de pandémie. Exemple au domaine de Chantilly, où le RN bataille avec Xavier Bertrand sur fond de campagne électorale.
Sputnik

La difficile situation des lieux culturels en cette période de pandémie cristallise les débats. Les acteurs culturels eux-mêmes tiennent parfois tête aux politiques, à l’instar du domaine de Chantilly, en difficulté financière, qui dénonce les positions prises par le Rassemblement national (RN) à son égard.

Dans un tract lié à Sébastien Chenu, porte-parole du RN, le parti dénonce l’inaction du gouvernement vis-à-vis des monuments français lors de la crise sanitaire, appelant à signer une pétition en faveur du domaine, rapporte 20 Minutes. Le tract met également en cause le président de la région, Xavier Bertrand.

Une attitude que n’a pas appréciée le domaine de Chantilly qui dénonce dans un communiqué une «instrumentalisation» en vue des régionales dans les Hauts-de-France, où Sébastien Chenu doit justement se présenter contre Xavier Bertrand.

Le domaine précise que les subventions de la région ont été «naturellement maintenues pendant la crise sanitaire» et que le dialogue avec l’État est «constant». Un appel aux dons avait cependant dû être lancé mi-décembre, rapportant 100.000 euros.

Manque de neutralité?

La polémique a rebondi suite à un nouveau communiqué de presse du RN, que Sputnik a pu consulter. Sébastien Chenu y critique le «parti pris» du domaine de Chantilly qui semble vouloir apporter une forme de «soutien politique» à Xavier Bertrand. Le porte-parole du RN accuse le domaine de sortir du «devoir de neutralité» inhérent aux institutions culturelles, à l’approche des régionales.

Le futur candidat RN réfute également que les subventions allouées au monument «aient vocation à augmenter», comme le mentionnait le domaine dans son communiqué. Selon lui, rien n’a été décidé en ce sens par Xavier Betrand et sa majorité.

Patrimoine en danger, enjeu électoral

Partout en France, la fermeture au public a eu un effet sur les finances des lieux patrimoniaux. Ces derniers sont forcés de compter sur les prêts garantis par l'État, les aides des collectivités, voire les précédentes rentrées d’argent.

«Heureusement que la célébration des 500 ans de la Renaissance, en 2019, nous avait permis d'engranger de la trésorerie. Mais nous avons quand même dû prendre des mesures d'économie», soulignait auprès des Échos Marc Métay, directeur général du château royal d'Amboise, en février.

Si les acteurs culturels se mobilisent au niveau national, notamment avec le hashtag #AuSecoursRouvrezNous, ils peuvent aussi compter sur l’appui des élus locaux à trois mois des élections régionales. En Centre-Val de Loire, réputée pour ses châteaux, le président de région François Bonneau a fédéré une centaine de monuments autour du Réseau des grands sites de France (Chambord, Chenonceau, Blois, etc.) pour soumettre un protocole sanitaire au gouvernement en vue d’une réouverture, relate Les Échos.

Début février, la ministre de la Culture avait affirmé sur BFM TV que les musées et monuments seraient «les premiers convoqués à la réouverture» lors de la «décrue» de l’épidémie.

Discuter