Nord Stream 2: Joe Biden pris «entre le marteau et l’enclume», selon Politico

Tout en désirant faire arrêter la construction du Nord Stream 2 presque achevé, Joe Biden souhaite renforcer les relations avec Berlin, qui insiste sur l’aboutissement du projet, indique le magazine Politico citant des responsables américains. Le locataire de la Maison-Blanche est ainsi pris «entre le marteau et l’enclume».
Sputnik

Une dizaine de jours après que des sénateurs américains ont exigé que Joe Biden décrète des sanctions supplémentaires contre les entreprises engagées dans le projet Nord Stream 2, l’administration américaine se trouve désormais dans une «situation diplomatique délicate», indique le magazine Politico en se référant à des responsables familiers des délibérations internes.

Selon le média, le Président américain s’oppose au projet, qu’il a qualifié de «mauvaise affaire pour l’Europe», mais veut également renforcer les relations avec l’Allemagne, pour qui il est important que le projet aboutisse.

«Nous sommes entre le marteau et l’enclume», a constaté auprès du magazine un autre haut responsable de l’administration.

Un lot de nouvelles sanctions élaboré

Il est précisé que l’administration Biden se doit légalement de soumettre au Congrès, tous les 90 jours, un rapport désignant les organismes impliqués dans la construction du pipeline susceptibles de faire l’objet de sanctions. Un nouveau rapport incluant ces organismes pourrait être achevé vers le mois de mai, expliquent les responsables.

Cependant, comme l’indique le magazine, un haut fonctionnaire a refusé de donner des détails sur ce processus, mais a toutefois expliqué:

«Nous continuons d’examiner les entités qui pourraient être impliquées dans des activités susceptibles de faire l’objet de sanctions et prendrons les mesures nécessaires».

Des propos qui font écho à ceux du porte-parole du département d'État, Ned Price. Celui-ci a expliqué, toujours auprès de Politico, qu’ils recherchaient «toujours une activité du pipeline qui puisse être sanctionnée» et s’ils la trouvent, ils sont «prêts à respecter la loi».

Des élus font pression

La semaine dernière, quelque 40 sénateurs américains ont vivement critiqué l’administration présidentielle pour ne pas avoir imposé de restrictions aux «sociétés sanctionnables» prenant part à la construction du Nord Stream 2.

Dans ce message, les sénateurs ont appelé l'administration à revenir sur ses mesures «en appliquant rapidement et intégralement les sanctions prévues». Ils ont demandé d'utiliser tous les outils à la disposition de l’administration pour imposer des sanctions supplémentaires».

Un projet presque achevé

Avec une capacité totale de 55 milliards de mètres cubes de gaz par an, le gazoduc Nord Stream 2 a été à maintes reprises qualifié par la Russie d’avantageux pour l’Europe. Le projet est toutefois depuis longtemps sous le feu des sanctions américaines qui cherchent à vendre leur gaz naturel liquéfié (GNL) à l’UE. Nord Stream 2 est aussi dans le viseur de l'Ukraine et de certains autres pays européens.

Mi-février, le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a assuré que le gazoduc était terminé à plus de 95%. Le géant russe Gazprom promet pour sa part de mettre en exploitation le gazoduc dès cette année.

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