Les spores de moisissure noire pourraient survivre à un voyage jusqu’à Mars

Les astrobiologistes ont découvert que les spores de moisissure noire, laquelle provoque des infections pulmonaires dangereuses chez l’homme, peuvent survivre à un voyage jusqu’à Mars, ce qui en fait une menace pour les astronautes, selon une étude publiée dans la revue scientifique Frontiers in Microbiology.
Sputnik

La moisissure noire représente un danger pour les participants aux futures expéditions martiennes puisque ses spores sont capables de survivre dans l’espace et de contaminer les astronautes, estiment des chercheurs allemands et américains qui ont publié les résultats de leur étude dans la revue scientifique Frontiers in Microbiology.

«Les spores fongiques pigmentées pourraient être considérées comme l'un des contaminants directs les plus susceptibles de survivre si elles sont acheminées par inadvertance jusqu’à Mars», affirment les scientifiques.

Les spores de moisissure noire ont le mieux résisté aux rayons ultraviolets dans l’espace lors d’une expérience menée par les chercheurs. Elles pourraient survivre sans problème à la surface de Mars pendant au moins cinq heures et la viabilité de leurs spores ne diminuerait pas à des valeurs critiques, ressort-il de l’étude.

Un «voyage vers Mars» sans quitter la Terre

Les scientifiques ont créé des conditions similaires à celles de Mars grâce à un ballon de la NASA envoyé pour quelques heures dans la stratosphère moyenne, à environ 38 km d’altitude, en septembre 2019. Selon les chercheurs, le niveau de rayonnement y est à peu près égal à celui observé dans l’atmosphère basse de Mars et à sa surface.

Des échantillons desséchés ont été placés dans un conteneur spécial, MARSBOX (Microbes in Atmosphere for Radiation, Survival, and Biological Outcomes Experiment), reproduisant la pression, la température, la composition du sol et de l’atmosphère martiens, qui était attaché au ballon.

Qui étaient les micro-voyageurs?

Parmi les «passagers» du conteneur il y avait des spores fongiques de l'aspergille noir (Aspergillus niger), qui provoque des infections pulmonaires dangereuses chez l’homme, et des cellules bactériennes de Staphylococcus capitis, qui font partie de la flore du cuir chevelu humain. Les chercheurs expliquent leur choix par le fait que ces deux types d’organismes ont précédemment été découverts à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Le conteneur renfermait en outre des micro-organismes extrémophiles Buttiauxella et Salinisphaera, qui pourraient aussi potentiellement survivre dans l’atmosphère et sur le sol de la Planète rouge.

Quelques heures plus tard, les scientifiques ont vérifié si les échantillons avaient survécu et subi des changements métaboliques. Beaucoup de bactéries ont survécu à l’expédition dans la stratosphère, mais celles du genre Buttiauxella se sont montrées les moins adaptées aux voyages spatiaux. Leurs colonies et spores ont été complètement stérilisées.

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