«Anomalie»: la Croix-Rouge française a sous-payé ses salariés handicapés

Des manquements ont été constatés dans les salaires des employés handicapés de la Croix-Rouge à Montélimar, annonce la presse locale. L’association a admis une «anomalie» et a promis de régler le problème.
Sputnik

«Dégoutée», une salariée handicapée d’un restaurant du Meyrol, géré par la Croix-Rouge française, a contacté la CFDT l’été dernier, fait savoir France Bleu. Bien qu’elle travaillait depuis 19 ans dans cet établissement à Montélimar (Drôme), sa fiche de paie s’est avérée différente de celle des autres salariés et ne mentionnait aucune ancienneté.

«Je n'y ai pas cru, mes collègues non plus!», réagit sur France 3 David Ainée-Aribi, responsable syndical régional CFDT Croix-Rouge. «Nous n'avions jamais connu ce cas de figure à la Croix-Rouge. Un salarié de près de 20 ans avec une ancienneté zéro, c'est du jamais vu! Au début, on a aussi cru à un cas isolé. Mais on s'est vite rendu compte que c'est toute la structure adaptée qui est concernée.»

Une centaine d’euros par mois

«Cela a des conséquences inimaginables», lance l’employée lanceuse d’alerte qui n’a pas eu le droit à une revalorisation de salaire. «On se prive de tout et pourtant on travaille dans une entreprise qui défend le droit des gens.»

Selon les calculs de la CFDT, il s’agit d’une somme mensuelle d’une centaine d'euros non payée pour ce cas concret.

À l’issue d’investigations, la Croix-Rouge a signalé que l’«anomalie» allait bien au-delà d’une seule employée du restaurant en question.

Le 18 février, des dizaines de salariés de la Croix-Rouge à Montélimar sont venus manifester à l'appel de la CFDT. Michel Faure, vice-président de l'association dans la Drôme, a appelé sur France Bleu à une «résolution du litige dans le calme», cette «situation détestable» ayant «terni» l’image de la Croix-Rouge.

Dans un communiqué, l’association déplore «cette erreur matérielle tellement loin de son engagement humaniste et quotidien», évoquant un possible problème dans le paramétrage de l'outil informatique. Vu qu’il s’agit d’un préjudice légal de 36.000 euros, elle travaille actuellement sur une proposition de «régularisation supérieure à ces dispositions».

Rétroactivité de trois ans

En outre, l’association affirme avoir «engagé immédiatement un contrôle complet de la situation des personnes concernées» juste après que l’erreur a été découverte, précise France Bleu. Elle assume désormais la tâche de régler la situation sur les trois dernières années, le minimum légal. «Trop peu», selon la CFDT.

Pour savoir si d’autres entreprises sous la direction de la Croix-Rouge sont concernées par de tels dysfonctionnements, le comité social et économique (CSE) central «se saisit de la question en mars avec la direction nationale», a informé David Aribi.

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