«On se contente de subir»: un pilote d’Air France décrit son quotidien pendant la pandémie

Depuis l’arrivée de la pandémie, les compagnies aériennes ont été contraintes de réduire considérablement leur activité. Un pilote long-courrier d’Air France a raconté à Valeurs actuelles ce qu’est devenu son quotidien.
Sputnik

À quoi ressemble la vie d’un pilote long-courrier lorsque de nombreuses frontières sont fermées? Philippe, employé chez Air France-KLM, dévoile dans Valeurs actuelles comment la pandémie a changé sa profession. Faute de passagers, il transporte majoritairement des biens à l’autre bout du monde.

«Chez Air France-KLM, on est sauvé par l’activité cargo, en fait. Contrairement à quelques-uns de nos concurrents, Lufthansa ou British Airways, on a un métier cargo, donc on maintient un certain flux», explique-t-il, «on garde un squelette de réseau, avec l’Amérique du Sud, l’Afrique, les États-Unis, l’Outre-mer».

Le pilote ne vole désormais qu’une seule fois par mois, pour un trajet qui prend «entre trois et cinq jours aller-retour». Il réalise également des séances sur simulateur pour ne pas perdre la main. «Quand on vole moins, comme c’est le cas en ce moment, ce qu’on appelle "la petite musique des procédures" se perd», poursuit-il.

Autre ambiance

Habitué à emmener des gens en vacances, Philippe fait aujourd’hui l’expérience de vols bien différents «où on est trois ou quatre à bord».

«On transporte pas mal de Chinois vers l’Afrique. Ils sont équipés de véritables tenues bactériologiques. Ça fait une classe business remplie de cosmonautes, c’est impressionnant à voir!», raconte-t-il.

Il se rappelle les premiers jours du confinement, lorsqu’il fallait rapatrier des touristes bloqués à l’étranger. «On se disait un peu "on va aider les gens, on va aller les chercher, les ramener chez eux". Ça avait du sens. Aujourd’hui, on a l’impression qu’on ne peut rien faire pour que la situation change. On se contente de subir», déplore-t-il auprès de l’hebdomadaire.

Le pilote attend désormais le véritable retour des touristes: «la reprise était annoncée pour l’été, puis pour la fin d’année, finalement on ne sait pas. Ce n’est pas très gai au jour le jour». Il se réjouit toutefois ne pas avoir dû changer de métier, son entreprise étant suffisamment soutenue par le gouvernement. «Ma carrière va se poursuivre […], c’est l’essentiel», conclut-il.

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