Considérés comme «racistes» dans un sondage, des policiers seraient prêts à quitter leur métier

Après que près d’un jeune sur deux estime que «la police est raciste» en France, d’après un sondage réalisé par OpinionWay, les policiers s’estiment mis au pilori et certains songent de plus en plus à démissionner, relate BFM TV.
Sputnik

Près de la moitié (47%) des jeunes Français n’ont pas confiance dans la police et croient que «la police est raciste» (48%), selon l’étude #MoiJeune menée par OpinionWay pour 20 Minutes dont les résultats ont été publiés ce vendredi 18 décembre.

Les personnes ne faisant pas confiance aux forces de l’ordre représentent «33% dans l’ensemble de la population», soulignent des résultats du sondage.

D’après l’enquête, 79% des personnes interrogées estiment que les violences policières sont une réalité et 92% se prononcent pour une réforme de la «police des polices» (IGPN). D’ailleurs, 65% des jeunes sondés considèrent les «dérives [comme] le fait d'une fraction infime des forces de l'ordre».

L’étude a été menée en ligne du 11 au 15 décembre auprès d'un échantillon de 627 jeunes âgés de 18-30 ans.

Certains policiers envisager de démissionner

Déçus par les attitudes à l’égard de la police en France et notamment par les récents propos d’Emmanuel Macron sur les contrôles au faciès et les violences policières, certains agents seraient prêts à renoncer à leur métier.

«Je ne fais plus de contrôle préventif, ce n'est plus possible, c'est trop compliqué. Si jamais on contrôle des individus et qu'ils ne se laissent pas contrôler, même si on avait un motif à la base, on se retrouve dans une situation très délicate. Moi je n'ai pas envie d'être pris pour un délinquant. Je suis un policier et je suis là pour aider les gens et être au service du public. Je ne veux pas être pris pour un délinquant ou quelqu'un de mauvais», déclare Julien, policier depuis plus de 20 ans dans le centre de la France, dont les propos ont été repris par BFM TV.

Macron sur les contrôles au faciès et le racisme

Le 4 décembre, lors d’une interview auprès du média en ligne Brut, Emmanuel Macron avait jugé «insoutenable» que les contrôles policiers ciblent davantage les jeunes dont la peau «n’est pas blanche». Ces paroles prononcées en pleine polémique sur les «violences policières» ont provoqué des actions de protestations de policiers un peu partout dans l’Hexagone.

Le Président avait promis de créer une plateforme de signalement des discriminations qui sera gérée par l’État, le défenseur des droits et des associations.

M.Macron avait annoncé la tenue à partir de janvier d’un «Beauvau de la sécurité» sur une réforme de la police pour «améliorer les conditions d’exercice» des forces de l’ordre et «consolider» les liens avec les Français.

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