Le robot qui prélèvera les échantillons lors des tests Covid créé en Russie

Un robot capable de prélever les échantillons pendant les tests de dépistage du Covid-19 à la place des assistants de laboratoire pour mieux protéger les médecins a été breveté en Russie, a annoncé à Sputnik Sergueï Cheptounov, directeur de l’institut IKTI de l’Académie russe des sciences.
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Des chercheurs russes ont fait breveter un robot qui pourra prélever les échantillons lors des tests de dépistage de Covid-19, a annonce ce samedi 5 décembre à Sputnik Sergueï Cheptounov, directeur de l’Institut d’ingénierie et technologie informatique (IKTI), l’un des détenteurs du brevet.

Le robot permet d’éviter le contact entre le patient et l'assistant de laboratoire qui peuvent ainsi se trouver dans des pièces différentes, explique-t-il.

L’assistant de laboratoire travaille dans une zone saine, sans porter de vêtements spéciaux. Les deux pièces sont séparées par une cloison étanche en verre où il y a une petite ouverture pour faire passer une tige. L'assistant de laboratoire peut voir la bouche ouverte du patient sur le moniteur grâce à une caméra installée dans le robot. Il contrôle l'appareil à l'aide d'un joystick et réalise le test à distance.

La pression positive en zone propre empêche l’air contaminé de passer à travers le petit trou, puisque le courant d’air vient toujours de la zone propre vers la zone sale, précise l’expert.

Un robot mobile contrôlé par IA

Au fur et à mesure que l'expérience d'utilisation du robot s'accumule, il sera possible de l’exploiter sans assistant humain, au moyen de l’intelligence artificielle.

«L'ensemble du système y est adapté, car le manipulateur principal, qui se trouve dans la salle propre, peut fonctionner de manière automatique et le petit manipulateur installé près du patient, pour emballer et sceller le tube, peut également travailler en mode automatique», explique M.Cheptounov.

Le robot est très mobile, il peut être utilisé en dehors de l'hôpital, par exemple, dans un kiosque installé dans la rue, à l’aéroport, dans une voiture ou un conteneur qu’on peut amener dans une petite ville et tester tous ses habitants en une journée.

D’un modèle au produit fini

«Au printemps, nous avons fait une maquette et l'avons présentée aux médecins, mais ils étaient alors trop occupés […]. Maintenant nous avons un brevet, mais nous n’avons encore fait de propositions à personne, nous évaluons la situation et attendons les partenaires intéressés. Nous possédons un modèle fonctionnel et pourrons fabriquer le robot et l’envoyer aux essais médicaux dans trois à quatre mois. Notre état de réactivité est très élevé, car le potentiel est assez sérieux», a indiqué M.Cheptounov.

Il a rappelé qu’il y avait déjà eu des tentatives de créer un robot pareil dans d’autres pays. Mais qu’il n'était pas protégé contre l’infection par une vitre et devenait donc aussi une source d'infection.

«Nous parlons donc d'une nouvelle technologie de soins médicaux dans un contexte de pandémie», a conclu le responsable.
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