Crash du MH17: Almaz-Anteï dément les propos de la procureur néerlandaise

Le groupe russe Almaz-Anteï a démenti auprès de Sputnik la déclaration du parquet néerlandais qui affirme que la société n’a pas répondu à la demande de nommer ses experts pour participer à l’enquête sur le crash du vol MH17 de Malaysia Airlines dans le sud-est de l’Ukraine en 2014.
Sputnik

Contrairement à ce que la procureur néerlandaise Manon Ridderbecks a déclaré aujourd’hui, le groupe russe Almaz-Anteï a répondu à la demande du juge d’instruction qui enquêtait sur le crash du Boeing malaisien en 2014 en Ukraine.

«Le 4 septembre, en réponse à une demande d'assistance juridique, nous avons envoyé au juge d’instruction un e-mail contenant des informations sur la nomination de nos experts chargés de l'enquête. Le 21 septembre, le juge d’instruction a accusé bonne réception de l’e-mail et confirmé que des contacts [avec des experts, ndlr] ont été établis», expose la société à Sputnik.

Almaz-Anteï souligne que ces deux lettres sont en sa possession.

Plus tôt dans la journée, lors des audiences sur le crash de l’avion de Malaysia Airlines, la procureur néerlandaise Manon Ridderbecks a déclaré que le juge d'instruction n'avait pas encore nommé d'experts pour Almaz-Anteï car cette dernière n'avait pas répondu à sa demande.

Procès MH17 à Amsterdam

Un procès sur le crash du vol MH17 de Malaysia Airlines se déroule aux Pays-Bas depuis le 9 mars. Interrompues en raison de la pandémie de Covid-19, les audiences ont repris le 8 juin.

Le 3 juillet, le juge Hendrik Steenhuis, qui préside le procès en cours à La Haye, a déclaré que le tribunal permettra au groupe Almaz-Anteï, concepteur des missiles Bouk, de nommer un expert qui répondra aux questions du centre aérospatial des Pays-Bas.

Trois citoyens russes, Igor Guirkine, Sergueï Doubinski et Oleg Poulatov, ainsi qu’un ressortissant ukrainien, Léonid Khartchenko, sont jugés par contumace pour leur responsabilité présumée dans la catastrophe. Ces personnes ont été désignées en juin 2019 dans le dernier rapport de la Joint Investigation Team (JIT) formée par les Pays-Bas après la catastrophe.

Crash du Boeing en Ukraine

Un Boeing 777 de Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala Lumpur s’est écrasé le 17 juillet 2014 non loin de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine. Les 298 passagers et membres d’équipage du vol MH17 ont péri dans le crash, dans la région plongée dans un conflit armé opposant des républiques autoproclamées au gouvernement ukrainien arrivé au pouvoir en février 2014 à la suite d'un coup d'État à Kiev.

Les autorités ukrainiennes ont rejeté la responsabilité du crash sur les membres des unités d’autodéfense des républiques autoproclamées qui ont, de leur côté, déclaré ne pas disposer d’armes sol-air d’une telle portée.

Quid d’un missile Bouk?

Peu de temps après, les Pays-Bas ont mis en place une équipe d’enquête conjointe, la Joint Investigation Team (JIT), mais en ont exclu la Russie qui avait pourtant offert à plusieurs reprises son assistance. D'après les membres de la JIT, l'avion a été abattu par un missile sol-air Bouk de fabrication russe tiré depuis une zone qui était à l'époque contrôlée par les insurgés.

Selon le substitut du procureur général russe Nikolaï Vinnitchenko, Moscou a remis aux Pays-Bas des documents prouvant que le missile appartenait à l’Ukraine et qu’il a été tiré depuis une zone contrôlée par l’armée ukrainienne. Les enquêteurs ont ignoré ces données. Toutefois, la justice du pays a reconnu au début du procès avoir reçu ces informations du parquet russe.

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