L'Azerbaïdjan affirme avoir abattu un avion militaire arménien au Haut-Karabakh, l'Arménie dément

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a déclaré que ses moyens de défense antiaérienne avaient abattu un avion de l'armée arménienne au Haut-Karabakh. Erevan a démenti cette information.
Sputnik

Les systèmes de défense antiaérienne azerbaïdjanais ont détruit un avion militaire arménien au Haut-Karabakh, a annoncé samedi 24 octobre le ministère azerbaïdjanais de la Défense.

«Le 24 octobre, des unités de défense aérienne azerbaïdjanaises ont abattu un avion de combat de la Force aérienne arménienne sur l'axe de Qubadli», a indiqué le service de presse du ministère.

Le ministère arménien de la Défense a démenti cette information diffusée par Bakou.

«C'est absolument faux», a déclaré la porte-parole du ministère arménien, Shushan Stepanian.

Escalade au Haut-Karabakh

Les combats durent depuis le 27 septembre au Haut-Karabakh. L'Arménie et l'Azerbaïdjan s'accusent mutuellement d'avoir provoqué la reprise des hostilités dans la zone du conflit gelé depuis des années. La République autoproclamée du Haut-Karabakh fait état de bombardements visant ses villages et sa capitale, Stepanakert. L'Arménie a déclaré la loi martiale et, pour la première fois, la mobilisation générale, affirmant qu'Ankara soutenait activement Bakou. L’Azerbaïdjan a décrété une mobilisation partielle et la loi martiale dans certaines régions.

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Les Présidents Vladimir Poutine, Donald Trump et Emmanuel Macron, co-présidents du groupe de Minsk de l’OSCE pour le Haut-Karabakh, ont appelé les parties en conflit à arrêter les hostilités et à entamer des négociations sans condition préalable.

Le 9 octobre, des entretiens entre les ministres arménien et azerbaïdjanais des Affaires étrangères se sont déroulés à Moscou avec la médiation du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Erevan et Bakou ont convenu de cesser le feu au Haut-Karabakh à partir du 10 octobre, d'échanger les prisonniers et les corps des soldats tués, et également de s'entendre sur les modalités du cessez-le-feu. Mais, le même jour, les parties ont commencé à s'accuser mutuellement de violations de l'accord.

Une deuxième tentative d'organiser une trêve humanitaire a été faite dans la nuit du 17 au 18 octobre.

Un vieux conflit

Le conflit du Haut-Karabakh (Artsakh en arménien) remonte à 1988, quand cette région peuplée en majorité d'Arméniens a décrété sa sortie de la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan. Quelques jours avant la disparition officielle de l'Union soviétique, le 10 décembre 1991, un référendum a eu lieu dans le Haut-Karabakh en présence d'observateurs internationaux. La majorité écrasante de la population, 99,89%, s'est alors prononcée pour la totale indépendance du Haut-Karabakh.

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Des hostilités d'envergure ont ensuite éclaté à l'issue desquelles l'Azerbaïdjan a perdu le contrôle du Haut-Karabakh et de sept districts attenants.

Dès le 12 mai 1994, suite à la signature à Bichkek d'un cessez-le-feu, les hostilités se sont terminées dans la zone du conflit après avoir fait quelque 15.000 victimes et près d'un million de réfugiés. Les parties belligérantes se sont entendues pour s'en tenir à un processus de paix négocié par le groupe de Minsk de l'OSCE. Le conflit est resté gelé depuis, mais le cessez-le-feu a été violé à maintes reprises, notamment en avril 2016 et le 27 septembre 2020.

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