L’Algérie tire la sonnette d’alarme quant au risque d’une vague migratoire qui menacerait l’Afrique du Nord

«Il y a 40.000 habitants dans les régions frontalières et les pays d’Afrique du Nord sont sérieusement menacés par une grande vague d’immigration», a affirmé ce mardi le chef de la diplomatie algérienne à Ankara. Il a souligné que la situation en Libye et au Mali étaient liées, appelant à des solutions politiques en dehors de toute ingérence.
Sputnik

En visite officielle en Turquie ce mardi 1er septembre, le ministre algérien des Affaires étrangères Sabri Boukadoum a mis en garde lors de la conférence de presse animée avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu contre la situation humanitaire au Sahel qui pourrait engendrer une importante migration des populations locales vers les pays d’Afrique du Nord. Outre les relations bilatérales, le dossier libyen a été au centre des discussions entre les deux hommes, indique un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères dont Sputnik a reçu une copie. La note précise que M.Boukadoum a abordé ce sujet avec Recep Tayyip Erdogan lors de l’audience que le Président turc lui a accordée.

Instabilité dans la région du Sahel

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«Ce qui se passe en Libye a négativement impacté la situation au Mali et la région du Sahel», a déclaré le chef de la diplomatie algérienne, mettant l’accent sur l’urgente nécessité de «régler la situation en Libye».

Et d’avertir qu’il «y a 40.000 habitants dans les régions frontalières avec les pays du Sahel, ndlr] et les pays d’Afrique du Nord qui sont sérieusement menacés par une grande vague d’immigration».

Ainsi, Sabri Boukadoum a expliqué que «la stabilité du Mali est très importante et le retour à une vie politique normale est fortement souhaité, ainsi qu’un retour des investissements étrangers dans le pays».

«Les gens souffrent du recul de la démocratie et des séparations politiques, du coup d’État au Burkina Faso ensuite au Mali», déplore-t-il. «Le Mali mérite mieux que ce qu’il vit actuellement», estime-t-il, affirmant qu’il «y aura des changements politiques à court et long terme».

«La nécessité d’une solution politique» en Libye

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Lors de ses entretiens avec son homologue turc, M.Boukadoum a aussi abordé les questions régionales et internationales d’intérêt commun.

Dans ce cadre, «la situation en Libye a été évoquée pour souligner la nécessité d’une solution politique basée sur le dialogue et la réconciliation entre tous les libyens, et à l’abri de toute ingérence étrangère, en tant que seule issue à même de préserver l’unité et l’intégrité de la Libye», poursuit le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.

Par ailleurs, les deux hommes ont évoqué «la situation au Mali en soulignant la nécessité d’accompagner ce pays frère et voisin en cette période difficile qu’il traverse».

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De plus, dans le cadre de sa visite à Ankara, Sabri Boukadoum a été reçu en audience par Recep Tayyip Erdogan. Il en a profité pour lui transmettre un message oral du chef de l’État algérien Abdelmadjid Tebboune.

«Les questions régionales et internationales d’intérêt commun ont également été à l’ordre du jour de cette audience, en particulier la situation au Mali et en Libye, où la position algérienne quant à la nécessité de privilégier la voie du dialogue et des solutions politiques aux crises que connaît la région a été réitérée», conclut la note du ministère.

Dans une déclaration à Sputnik, une source au sein du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen affirme que la coopération militaire avec le Qatar et la Turquie se renforce toujours davantage. Elle n‘écarte pas la possibilité de la conclusion d’un pacte tripartite.

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Auparavant, des sources militaires avaient confié à Al-Arabiya que la Turquie et le Qatar avaient signé un accord militaire avec le GNA portant sur la construction d’une base navale turque sur les côtes de la ville libyenne de Misrata, en Méditerranée orientale. Ces sources ont expliqué que l’accord prévoyait entre autres «la création d'un centre de coordination militaire tripartite basé à Misrata, et que Doha s’engageait à financer les centres de formation et le quartier général des combattants du GNA».

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