«Ensauvagement»: le ministre de la Justice se dit «pas à l’aise avec ce terme»

Au micro de BFM TV, le ministre de la Justice a contesté l’usage du terme d’«ensauvagement» pour parler de l’insécurité en France. Il a néanmoins admis une perte de repères et a insisté sur une répression nécessaire mais humaine.
Sputnik

Au cours d’un entretien avec BFM TV, Éric Dupond-Moretti a réfuté l’usage du terme «ensauvagement» pour décrire la récente vague de faits divers qui a défrayé l’actualité. 

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Le mot avait auparavant été utilisé par le ministre de l’Intérieur, suscitant la polémique au sein même du gouvernement.

À la veille d’un déplacement à Nice où une fusillade s’était déroulée, Gérald Darmanin avait en effet affirmé vouloir «stopper l'ensauvagement d'une certaine partie de la société», dans un entretien au Figaro.

Le garde des Sceaux a pour sa part admis ne pas être «à l’aise avec ce terme», et a confié qu’il en aurait choisi un autre, à la place de Gérald Darmanin.

Perte de repères

S’il récuse le mot d’«ensauvagement», Éric Dupond-Moretti a néanmoins admis qu’une perte de repères traversait la société française. Se référant à son enfance, il a précisé que certaines figures d’autorité, comme les policiers, les juges ou les instituteurs, étaient plus respectés à l’époque qu’aujourd’hui.

«Au-delà du mot, il y a un véritable constat qui est la perte des repères. Moi quand j’étais gamin, il y a longtemps, on se levait quand l’instituteur rentrait en classe, on laissait sa place aux dames, on n’insultait pas le policier, le chauffeur de bus ou le juge. Il y a une perte des repères, une perte des valeurs», a déclaré le garde des Sceaux à BFM TV.

«Réprimer avec humanité»

Éric Dupond-Moretti a par la suite déclaré qu’il n’avait jamais été lui-même confronté à «un sentiment d’insécurité», ayant vécu dans des conditions matérielles suffisantes pour l’éviter. 

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Il a précisé que cette insécurité était souvent «la compagne des gens les plus modestes».

Insistant sur la nécessité de «réprimer», le garde des Sceaux a néanmoins précisé que cette répression devait rester humaine. Il a en particulier insisté sur la réinsertion des condamnés, après leur peine de prison.

«Alors il faut réprimer. Mais réprimer ce n’est pas n’importe quoi. C’est réprimer avec humanité et envisager pour ceux qui sont détenus, qui ont été condamnés, une possible réinsertion. Je ne veux plus qu’on parle de la prison de façon manichéenne», a expliqué Éric Dupond-Moretti à BFM TV.
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