Si le Covid-19 n’est pas stoppé en Algérie, les médecins «seront obligés de trier les malades»

Si la situation sanitaire continue de s’aggraver en Algérie, «nous risquons de basculer dans une réelle catastrophe», a averti le chef du service de réanimation de l’hôpital d’Alger-centre, mettant en garde sur le fait que ceci pourrait obliger les médecins «à faire le choix: réanimer qui et laisser qui? Ce que l’on ne souhaite pas», selon TSA.
Sputnik

Dans le contexte de la détérioration de la situation épidémiologique relative à la prolifération du virus du Covid-19 en Algérie, les cris d’alerte des médecins se multiplient, appelant la population, notamment les jeunes, à prendre la mesure de «la catastrophe sanitaire» qui s’annonce dans le pays, à cause du non-respect des consignes d’hygiène.

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En effet, dans une déclaration au site d’information Tout Sur l’Algérie (TSA), le chef du service de réanimation du plus important hôpital d’Alger - le CHU Mustapha Pacha-, le Pr Amine Salmi, a mis en garde contre la saturation des capacités des hôpitaux du pays, en raison des flux des malades de plus en plus importants. Selon lui, si la situation s’aggrave davantage, le corps médical qui «est déjà épuisé» sera contraint de trier les malades, c’est-à-dire de «choisir qui soigner et qui laisser tomber».

«Il y a des confrères qui sont touchés» par la maladie, a déclaré le Pr Salmi, précisant que «ce sont les conséquences du non-respect du confinement». «On est en face de deux situations dramatiques. Le nombre de médecins est constant, le nombre de lits est le même. On risque de transformer une situation encore gérable et basculer dans une réelle catastrophe», a-t-il déploré.

Et d’expliquer que «c’est-à-dire une situation où l’on sera obligé de faire le choix: réanimer qui et laisser qui? Ce que l’on ne souhaite pas», a-t-il mis en garde.

«Une situation évitable si les enfants respectaient le confinement»

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Le Président Abdelmadjid Tebboune avait déclaré samedi 4 juillet sur France 24 que certains jeunes algériens ne croyaient pas en l’existence de la maladie du coronavirus. «Pour eux, tant qu’ils ne voient pas le virus, ils n’y croient pas», avait-il alors dit, appelant à la raison ceux qui pensent que l’État exploite cette épidémie pour étouffer l’opposition politique en empêchant le retour du Hirak.

Ainsi, dans le même sens que les propos tenus par le chef de l’État, le Pr Salmi a également pointé le comportement des jeunes.

«Les personnes admises en réanimation respectaient à la lettre les règles de confinement», a-t-il affirmé, regrettant le fait qu’«à chaque fois il y a un membre de la famille, souvent jeune, qui était à l’origine de la contamination». «Au fond, ce sont des situations évitables si les enfants respectaient réellement les règles du confinement», a-t-il expliqué.

«Cette minorité par son comportement suffit pour contrebalancer l’effet positif [du travail accompli par le corps médical, ndlr]», a-t-il conclu.

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Dans le contexte de l’accélération de la contagion en Algérie, le corps médical national a franchi un seuil jamais atteint en nombre de décès et d’infectés parmi ses rangs.

En effet, dans une déclaration à TSA, le président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), le Pr Lyes Merabet, a fait état de «plus de 50 morts et 3.000 infectés» confirmés parmi les personnels soignants.

Lors d’un point presse ce jeudi 23 juillet, le porte-parole du comité scientifique, le Pr Djamel Fourar, a fait état de 612 nouveaux cas de contamination. Selon lui, le total des cas confirmés depuis le début de la maladie en Algérie s'élève à 25.484, soit 1,4 pour 100.000 habitants, dont 1.124 décès et 17.369 guérisons.

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