Wanda Stickers, des émojis inspirés du quotidien des Camerounais

Mordu de dessin et de graphisme, Félix Fokoua a lancé Wanda Stickers, une application qui permet de télécharger des émojis 100% camerounais. L’idée pour ce passionné de bandes dessinées est de permettre aux Camerounais de communiquer sur des plateformes de messageries instantanées avec des émoticônes inspirées de leur quotidien.
Sputnik

Personnages publics, Camfranglais (argot camerounais), expressions nées des tendances Web ou à la suite d’un buzz, Wanda stickers, l’application créée par Félix Fokoua, s’inspire de tout. Passionné de graphisme, Félix Fokoua a élaboré cette application pour fournir aux Camerounais et Africains des émoticônes «calquées sur les réalités locales.»

​Fonctionnelle sur les plateformes de messageries instantanées comme WhatsApp, Telegram et Dikalo Messenger, Wanda stickers, précise-t-il, tire son originalité des habitudes locales.

«En fait nous offrons des stickers typés “africain”. Dans la palette, vous avez notre produit phare, stickers237, qui propose des émojis avec des faits et expressions issues de notre quotidien», explique Félix Fokoua à Sputnik.

Disponible gratuitement sur Google Play Store pour les appareils Android, l’application a déjà été téléchargée plus de 5.000 fois. À la création de cette bibliothèque d’émojis, l’idée pour ce trentenaire était de rapprocher les Africains en général et les Camerounais en particulier de leur quotidien. Paris gagné au regard des résultats obtenus à ce jour.

«Nous voulions déporter notre manière de communiquer et de faire dans la vie quotidienne sur les réseaux sociaux en nous appuyant sur la richesse de l’argot camerounais. L’objectif était donc de représenter ce lexique, de l’adapter à l’actualité et surtout de le rendre fun. Nous en sommes satisfaits, parce que les Camerounais l’ont très vite adopté», se félicite le développeur.

Si Wanda stickers peine encore à s’imposer face à la concurrence étrangère, Félix Fokoua travaille à l’imposer dans les plateformes de messagerie les plus utilisées localement.

​Le féru de dessin et de graphisme a également décidé de faire équipe avec les réseaux de messagerie africains afin de rendre sa solution la plus accessible possible.

«Pour le moment, nos créations sont déployées sur des plateformes étrangères, car beaucoup d’utilisateurs cibles y sont. Néanmoins, nous développons des partenariats avec des plateformes de messagerie locales. Nous sommes d’ailleurs déjà disponibles sur Dikalo», assure-t-il.

Fin dessinateur depuis le berceau, Félix Fokoua est très vite rentré dans l’univers de la bande dessinée et des films d’animation. Le jeune garçon d’alors, qui les dévore avidement, va être marqué par des œuvres comme «Lucky Luke, Picsou, les aventures de Tintin, Dragon ball Z et bien d’autres.»

La passion pour la bande dessinée

Son talent de graphiste et de dessinateur l’amène à rejoindre en 2014 les rangs de Kiro’o Games, le tout premier studio de jeux vidéo au Cameroun, qu’il quittera deux ans plus tard pour se mettre à son compte.

«Je suis entré chez Kiro’o Games comme graphiste pour décors, mais j’ai ensuite fait de l’animation, du level design et games design», précise le gamer.

Bien qu’ayant un peu mis de côté la bande dessinée lorsqu’il travaillait pour Kiro’o Games, Félix Fokoua n’a pas tourné le dos à sa passion de toujours.

​Désormais auteur de quelques œuvres disponibles sur le Web, le jeune entrepreneur veut se frayer une voie dans le neuvième art.

«Je suis auteur de deux BD qui peuvent être lues gratuitement sur la Toile. La première parle de la sensibilisation au fléau Boko Haram, co-écrit avec Issoukou Reezbo et Felix Mbetbo. Et la deuxième sensibilise sur les conséquences de l’irresponsabilité face au vote en période d’élection et c’est aussi coécrit avec Issoukou Reezbo & Felix Mbetbo», détaille-t-il.

Entre mode et bande dessinée, un artiste franco-camerounais raconte l’Afrique
Diplômé en biochimie, cet ancien étudiant de l’Université de Buea, dans le Sud-ouest anglophone du pays, aurait pu finir dans un laboratoire d’analyses, mais son inclination pour le graphisme, le dessin et création artistique ont fini par avoir raison de son orientation académique. Un choix assumé, car épanouissant, selon le jeune entrepreneur.

«J’aimais beaucoup les sciences, mais la passion a eu le dessus sur mon choix professionnel final. Je trouve plus de joie et de challenge à toucher à un peu tout ce qui a trait à la création artistique», estime-t-il.

En plus de Wanda stickers, Félix Fokoua, travaille avec des auteurs locaux qui le sollicitent assez régulièrement pour l’illustration de leurs livres. Le jeune entrepreneur se dit très porté «sur des concepts qui mettent un accent sur la valorisation de l’Afrique et de la culture afrodescendante.»

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